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Tout l’intérêt de l’opération consistant à échanger de la CSG contre des cotisations sociales n’est pas tant de restituer du pouvoir d’achat.

Le but de la manœuvre est surtout de diminuer le coût global du travail pour le salarié, c’est-à-dire cette différence, bien plus importante en France que partout ailleurs, entre le salaire net et le salaire brut.

Transférer des cotisations assises sur les seuls salaires vers une contribution portant sur la quasi-totalité des revenus, c’est ainsi, en partageant le fardeau social avec les retraités assujettis à la CSG, rétablir une forme d’incitation au travail.

Cette réforme parachève par ailleurs l’universalisation du financement de l’assurance-maladie et ouvre la voie à celle de l’indemnisation du chômage, vouée à être étendue aux indépendants. Eût-il mis en avant l’intérêt structurel de sa réforme, le gouvernement se serait épargné une mauvaise polémique sur une mesure réduite dans l’opinion à un cadeau fait aux salariés.

Voilà un argument qui pourrait satisfaire éventuellement les salariés, mais certainement pas les retraités qui ont pu constater une substantielle augmentation des pensions de 0.7 % régulièrement chaque année depuis 10 ans auxquelles l’augmentation de 1,7% de ponction de cotisations pour la CSG, fera perdre 1% sur leur maigre retraite. Rappelons que la moyenne mensuelle des pensions des retraités n’est pas celles présentées dans les médias de plus de 2.000€, mais en très grande proportion aux alentours de 800/1.000 €. MC


Jean-Francis Pécresse, Les Echos – Titre original « La hausse de la CSG, une bonne affaire » – Source