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Le coup de rabot autoritaire et violent de 5 euros infligé aux aides personnalisées au logement est, sans doute, l’acte qui incarne le plus les erreurs et les errements de la politique du nouvel exécutif.

Pour un bénéfice minime (97,5 millions d’euros en 2017, soit 2,17 % de l’objectif d’économies pour cette année), le gouvernement a pris le risque d’un malentendu majeur avec la population.

Cet acharnement à défendre une mesure politiquement désastreuse est surprenant et traduit une autre erreur : celle d’avoir voulu chercher les 4,5 milliards d’euros d’économies sans collectif budgétaire et par une addition de petites économies. Autrement dit, le gouvernement a besoin de ces 97,5 millions d’euros pour atteindre son objectif budgétaire.

C’est dire s’il est aux abois. Dès lors, les ministres se doivent de défendre l’indéfendable, Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, transfuge des Républicains, qui, depuis sa nomination, s’est mué en parfait petit soldat de la politique budgétaire du gouvernement, toujours prêt à défendre les choix de l’Élysée.

« Aujourd’hui, nous dépensons 18 milliards pour les APL. Et pour autant, il n’y a jamais eu autant de mal-logés en France. »

L’argument a l’apparence du bon sens : les APL seraient coûteuses et inefficaces. Mais outre que cette analyse est discutable dans les faits, puisque les APL permettent la baisse de la charge locative des allocataires de 12,6 % en moyenne, et donc leur accès au logement, rien ne garantit que la suppression ou la réduction des APL favoriserait un meilleur logement.


Romaric Godin, Médiapart (Extrait) Titre original « Allocations logement: le rêve de Darmanin pour justifier la baisse de 5 euros » – Source