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Le bilan de l’ex-DRH de Danone est donné en exemple par un patronat éclairé et ouvert au dialogue avec les syndicats… !

… mais la ministre s’est laissé piéger par un mode de rémunération qui la rattachait aux intérêts des seuls actionnaires.

Muriel Pénicaud a sa bonne conscience pour elle. Attaquée pour avoir fait une belle plus-value sur des stock-options de Danone en 2013, la ministre du Travail répond : « Je ne laisserai personne dire que je n’ai pas de cœur et pas de morale. » (…) … mais le quotidien l’Humanité a révélé une faille dans la cuirasse, ou plutôt dans la pensée sociale de la ministre.

Son passage chez Danone entre 2008 et 2014 comme directrice géné­rale des relations humaines, (…) est souvent citée en exemple.

En particulier, l’accord Dan’Care, conclu avec le syndicat mondial de l’industrie agroalimentaire, qui organise une protection maladie (hospitalisation, consultations, grossesse) pour les 100.000 salariés du groupe répartis sur la planète, particulièrement avantageuse pour les salariés en Inde ou en Amérique du Sud. Cela lui vaut la reconnaissance de nombre de responsables des organisations syndicales (…)

Un cv d’humaniste !

Son action personnelle et le poids de Danone lui ont valu de devenir un pivot du petit monde des relations sociales. La carte de visite de la dame de Danone est impressionnante, puisqu’elle fut successivement ou conjointement présidente de l’INT (formation des inspecteurs du travail), directrice générale adjointe de Dassault Systèmes, membre du Haut Conseil du dialogue social, cofondatrice de l’événement EVE pour la promotion des femmes dans l’entreprise, etc.

En 2010, elle rédige un rapport en commun avec le cégétiste Christian Larose et le patron de Schneider Henri Lachmann sur « le bien-être et l’efficacité au travail », qui lui vaudra d’entrer au conseil d’administration d’Orange en pleine crise des salariés qui se suicident. Christian Larose se souvient d’« une fille vraiment ouverte, qui défendait l’idée du management par l’humain». Larose et Penicaud s’affrontent néanmoins sur le sort des institutions représentatives du personnels (IRP, comité d’entreprise et CHSCT) : « Elle voulait déjà les fusionner, et j’étais contre. Fillon m’a écouté. » Sept ans plus tard, Muriel Pénicaud devrait avoir gain de cause dans les ordonnances réformant le code du travail…

Avec un CV pareil, il y a de quoi rager de se faire rattraper par ce que le monde patronal considère comme un événement banal : un joli bénéfice (1,3 million d’euros) réalisé lors de la levée de stock-options, juste après l’annonce d’un plan de suppressions de postes de cadres par départs volontaires en Europe, dont 236 en France.

Une rapidité qui étonne quand on sait que Franck Riboud a attendu un an avant de réaliser la même opération, avec un gain plus faible. Mais, selon Christian Larose, la précipitation s’expliquerait par la perspective d’un départ prochain du groupe.

Muriel Pénicaud a néanmoins profité [de la restructuration de Danone, un groupe qui marche bien. Il passe la barre des 20 milliards de chiffre d’affaires et affiche une marge avant impôts de 14,5 %.

Mais les rumeurs récurrentes d’OPA et l’intrusion de fonds activistes dans le capital poussent alors Franck Riboud à chercher encore plus de rentabilité et à distribuer davantage d’argent à ses actionnaires. Le piège des stocks se referme alors sur les dirigeants de Danone. Plus ils satisfont la voracité des marchés, plus ils font monter l’action et plus ils récolteront d’argent grâce aux stock-options distribuées quatre années auparavant.

Il n’y a en fait aucune surprise : le système est fait pour enchaîner les hauts cadres des groupes cotés aux intérêts des stock holders (porteurs de parts). A l’heure où les politiques traquent les conflits d’intérêts, la loi les favorise pour les managers du secteur privé…


Hervé Nathan – Marianne N° 1063 (Extrait)


 Précision lu dans « Challenges » pas réputé pour être progressiste !

 

… le journal communiste chiffre à 1,13 million d’euros la plus-value réalisée. Selon les comptes officiels de Danone, auxquels l’Humanité a eu accès, l’actuelle ministre du Travail [Muriel Pénicaud] a, le 30 avril 2013, acquis un lot de 55.120 actions pour 34,85 euros pièce, selon le principe des « stock-options » réservées aux dirigeants. Le prix de ces actions lui était garanti depuis quatre ans et avait été fixé en pleine crise financière, en 2009 alors que l’action Danone avait chuté de manière importante. [Muriel Pénicaud] a acheté ces valeurs mobilières « bien en-dessous du cours de l’action ce jour-là » selon l’Huma, avant de les céder « aussitôt pour l’essentiel, à 58,41 euros l’unité ». Une opération éclair pour un gain d’environ 1,129 million d’euros, soit près de 60% de plus-value.


Source (extrait)


Cette ministre va mettre en place des articles « corrigeant avantageusement pour le patronat » le code du travail par une série de nouvelles lois « travail » encore plus restrictives que celle d’ El Khomri (dont l’initiateur était E. Macron) pour les salariés ….

Fait ce que je te dis, pas ce que je fais – Tiens donc !