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Ainsi parle Patrick Braouzec de son expérience avec La République En Marche (LREM) n’est-ce pas plutôt de ses diverses errances dans « les gauches » et une absence de reconnaissance qu’il attendait sur lequel il s’apitoie, jurant mais un peu tard que l’on n’y reprendra plus … MC

J’ai voté pour Emmanuel Macron dès le premier tour de l’élection présidentielle, malgré mes engagements à gauche et, même, pour une très grande part,  » à la gauche de la gauche « . Je l’ai fait savoir publiquement dans une tribune au Monde datée du 8 mars 2017. M. Macron a été élu et j’en ai été satisfait.

De la même façon, comme je m’y étais engagé, j’ai soutenu les candidats présentés par le PCF, qui le souhaitaient, aux élections législatives. La constitution d’un groupe communiste et apparenté à l’Assemblée nationale est positive pour la démocratie et la vie parlementaire. Mon soutien était, comme je l’écrivais, sans illusions, mais j’espérais que la -volonté de M. Macron fût de rompre avec l’immobilisme de Hollande et les politiques réactionnaires de Sarkozy.

L’issue de ces deux scrutins devrait donc pleinement me satisfaire ; je dois avouer que tel n’est pas le cas et ma déception est réelle. …  ce qui était une ligne forte dans le livre du futur président : le juste équilibre entre, d’un côté, le libéralisme économique et sociétal et, de l’autre, la protection et la solidarité ; or, cet équilibre est bien mis à mal en ce début de mandat.

Autant le caractère libéral est lisible et assumé, autant il est difficile de déceler le moindre signe visant à plus de protection et de solidarité. Pis, certains choix relèvent de la régression : diminution du montant de l’APL – qui a, de surcroît, provoqué des propos déplacés d’une députée de La République en marche –, baisse du budget de la politique de la ville, dont bénéficient en premier lieu les associations, et dont le rôle positif n’est pourtant plus à démontrer…

De même, la loi sur la moralisation de la vie publique risque d’accoucher, si ce n’est d’une souris, de deux pandas, pour rester dans l’actualité. Enfin, rien sur ce qui constitue la base des dérives de nos sociétés : la puissance de l’argent.

En fait, ce sont bien ces questions financières qui tracent la ligne de fracture entre nous. J’avais pourtant cru percevoir, dans « Révolution » comme dans les propos du président, l’intention (la volonté ?) de remettre le capitalisme sur d’autres rails, conscient qu’il était que ceux suivis par ce capitalisme financier menant le monde à sa perte. (…)

Le Monde du 11 août 2017 (Extrait) – Source