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Comme il fallait s’y attendre, le discours boursouflé du Président de la République devant le Congrès laisse place au réel des mesures d’austérité que la Premier ministre a la charge de réaliser.

Ce jeu de rôle et de dupe entre le Président et son Premier ministre ne trompera pas les français qui vont vite s’apercevoir de la violence sociale des mesures envisagées, justifiées comme toujours par le rapport de la Cours de comptes, opportunément publié il y a deux semaines, et les recommandations européennes.

Comment M. Macron qui fut ministre des finances lors du précédent quinquennat, peut-il feindre de méconnaître les règles absurdes qu’il a lui-même fixées, les dogmes européens qu’il a lui-même encensés ? Pourquoi dramatiser avec tant de pathos, par l’entremise de son Premier ministre chargé des basses œuvres, une situation qu’on a soi-même contribué à créer en pillant de plusieurs milliards de cadeaux fiscaux et d’exonérations de cotisations les caisses de l’État ?

La promesse de campagne la plus populaire, la suppression de la taxe d’habitation, s’évanouit dans le conditionnel : seul compte le « redressement des comptes publics » dont le déficit est tragiquement exagéré pour faire passer la hausse de la CSG et les attaques contre la cotisation sociale. Cette cure d’austérité ne devrait pas toucher les actionnaires puisque l’impôt de la solidarité sur la fortune ne les concernera plus dès 2019 et le CICE entrera dans le droit commun à la même date.


Patrick Le Hyaric – Source (Extrait)