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Avant de poursuivre la lecture juste un rappel important : Le ministre des finances ayant toutes les clés financières de la France au temps (certes pas bénit du gouvernement Hollande qui a peut-être laissé faire des conneries sur ce thème mais l’instigateur est …) était bien un freluquet du nom de Macron (1-2), NON ? MC

Avant même que le verdict de la Cour des comptes sur l’état de nos finances publiques soit prononcé, aujourd’hui, ses conséquences sont, hélas, très prévisibles. Le trou de 8 milliards d’euros, planqué sous le tapis de Bercy à l’instigation de François Hollande, va contraindre Emmanuel Macron à différer des baisses d’impôts dont la France a pourtant grand besoin.

Car ce n’est certainement pas l’amputation, populaire et électoraliste, de la taxe d’habitation qui risque d’en faire les frais en tout premier, mais deux réformes fiscales favorables à l’attractivité du pays : celle de l’ISF et la transformation du CICE en baisse de charges sociales.

Mardi soir, sur le plateau de « L’épreuve de vérité », sur Public Sénat (avec « Les Echos », Radio Classique et l’AFP), Jean-Paul Delevoye, cadre de La République En marche, ne s’en est pas caché : « Il ne faut rien s’interdire » pour tenir l’engagement d’un déficit ramené à 3 % du PIB en 2017.

A qui la faute si « des décisions difficiles » nous attendent, comme le dit le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire ? D’abord à l’équipe précédente. Dépenses de fonction publique sous-budgétées, recettes fiscales surestimées, comptabilisation désinvolte de la recapitalisation d’Areva : le couple Michel Sapin-Christian Eckert a bel et bien « habillé » les comptes 2017 et, pour ceci, il devrait être convoqué par les commissions parlementaires des Finances. Merci pour ce mensonge.

Mais cette responsabilité, le gouvernement précédent la partage avec le commissaire européen aux Affaires économiques, car on ne peut pas dire que le socialiste français Pierre Moscovici ait beaucoup questionné la sincérité des comptes que la France lui a présentés au printemps…

Enfin, Emmanuel Macron lui-même ne peut pas feindre d’être tombé de l’armoire en lisant l’audit de la Cour des comptes. Voilà un an que « Les Echos » ont commencé à tirer la sonnette d’alarme. Il ne pouvait pas ignorer que ses promesses fiscales seraient en partie « infinançables ».


Jean-Francis Pécresse, Les Echos – Titre original « Merci pour ce mensonge » – Source


  1. Membre du Parti socialiste entre 2006 et 2009, il est nommé secrétaire général adjoint au cabinet du président de la République française auprès de François Hollande en 2012, puis ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique en 2014, il est par conséquent « au moins, bien » au courant des budgets de la France de 2014, 2015, 2016.
  2.  Son départ du gouvernement de Manuel Valls est évoqué à plusieurs reprises par la presse à partir de l’été 2015. Il envisage de démissionner en janvier 2016, après l’annulation de son nouveau projet de loi, puis après le meeting qu’il organise le 12 juillet 2016, au lendemain duquel Manuel Valls demande son renvoi à François Hollande ; il se voit alors contraint de repousser l’échéance en raison de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice et de l’attentat de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Lors de son entretien du 14 juillet 2016, François Hollande déclare qu’Emmanuel Macron est tenu à la « solidarité » gouvernementale et à la nécessité de « servir jusqu’au bout » sans « démarche personnelle et encore moins présidentielle. Le 30 août 2016, il démissionne de sa fonction de ministre de l’Économie pour se consacrer à son parti politique, En marche !