Faut-il « faire en sorte » qu’il y ait moins de retraité –avec tout ce que cela sous-entend- pour l’avenir de la-des collectivités, telle est la question posée actuellement au gouvernement Macron/Philippe ? MC

 

 De plus en plus de seniors et de moins en moins de jeunes. C’est la bombe démographique que décrit l’Insee dans ses dernières projections à l’horizon 2050.

Voilà relancé le spectre d’une x ème réforme du régime de retraite !

En résumé :

Salopards de vieux inactifs qui non seulement ne veulent pas mourir rapidement après leurs départs « en retraite », mais en plus, ils coûtent des ronds aux collectivités – Z’avez pas honte de vous pavaner dans votre fauteuil et percevoir des sous en plus ….

Beurk. (Même au X ème degré, l’humour cynique  passe très mal et pourtant c’est bien l’arrière pensée du Medef relayée par les differents gouvernements depuis des décennies qui s’exprime dans cette position)

Et dire que certains ont salué Macron au pouvoir !

Les seniors représenteront près de 30 % des Français dans trente ans. Un défi pour les finances publiques et l’organisation de notre société.

À cette date, sur les 74 millions de Français, 20 millions auront plus de 65 ans (dont 12,1 millions plus de 75 ans). Ils représenteront 27,2 % de la population et les 20-64 ans seulement la moitié des Français au lieu de 57,3 % en 2013. Ce nouveau visage de la France représente un énorme enjeu : transformer notre société et adapter nos comptes publics au vieillissement.

Retraites : réformes en vue

Le financement des retraites est donc perpétuellement posé. En début de semaine, le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a repoussé l’équilibre attendu pour 2020 à l’horizon 2040. Et en 2050, une nouvelle donnée s’ajoutera à l’équation: toujours moins d’actifs cotisants pour davantage d’ayant droit aux pensions.

Le président Macron annonce une réforme pour 2018 avec sans doute l’introduction progressive d’un système à points. Un signal pour les actifs des deux prochaines décennies : les cotisations et l’allongement de la durée d’activité ne suffiront sans doute pas à financer leurs vieux jours.

La dépendance pas financée

L’explosion des coûts pour la collectivité pourrait venir d’un autre front : la dépendance. Les dépenses publiques liées à la perte d’autonomie atteignent environ 21 milliards d’euros par an aujourd’hui. Sans compter les quelque 7 milliards d’euros payés directement par les ménages pour l’hébergement des personnes âgées.

Avec le vieillissement de la population, cette enveloppe pourrait grimper à 51,6 milliards d’euros en 2060, soit 2,6 % du PIB pour la part publique, et 16,5 milliards, pour la part privée selon les prévisions du ministère des Affaires sociales. Les gouvernements successifs ont contourné l’obstacle. Nicolas Sarkozy avait promis la création d’un cinquième risque de la sécurité sociale baptisé « dépendance » avant d’y renoncer.

François Hollande a fait une loi pour augmenter l’allocation de maintien à domicile, financer des adaptations de logement, faciliter le travail des aidants. Mais il n’a pas tranché entre la création d’une cinquième branche de la sécu pour la dépendance — qui aurait impliqué une hausse des impôts — ou le choix d’un système assurantiel privé qui ne garantit pas l’égalité d’accès des citoyens.

Le nouveau gouvernement n’a pas de ministre consacré spécifiquement à ces questions. L’association des départements de France l’a mis en garde : le financement de l’allocation personnes âgées, à la charge des conseils départementaux met déjà en péril leurs budgets.

Les seniors vecteurs de croissance

La solution pour financer la vieillesse pourrait venir de l’activité et des emplois que généreraient eux-mêmes les seniors. Une France de tempes grises n’est pas forcément synonyme de ralentissement de la croissance. Avec l’amélioration du niveau de vie des retraités et le progrès médical, ils seront en meilleure santé, consommeront plus longtemps, s’impliqueront dans l’associatif et pourront aider financièrement les générations suivantes.

Les transferts d’épargne des seniors vers les petits-enfants ont augmenté de 8 % entre 2010 et 2015 selon l’Association française des banques. La redistribution du pouvoir d’achat s’effectue.

En revanche, à rémunération égale, un retraité contribue moins aux finances publiques qu’un actif sans enfant à charge. Un gouvernement osera-t-il augmenter les impôts des seniors ?


Le Dauphiné Libéré 23 juin 2017 –Article non signé. Graphique Vis Actu