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C’est un profond renouvellement qu’a connu l’Assemblée nationale à l’issue du second tour des élections législatives de dimanche.

L’âge moyen des députés est passé à 49 ans, soit cinq ans de moins qu’au début de la précédente législature. Un rajeunissement qui s’ajoute à une forte féminisation : l’hémicycle, accueille maintenant 38,6 % de députées, près de dix points de plus qu’en 2012. Enfin, trois quarts de ces parlementaires, soit 432 députés ne sont pas des députés sortants.

Cette XVe législature est aussi marquée par la nette progression du secteur privé sur les bancs de l’hémicycle. Si les fonctionnaires représentent encore un quart des députés, avec 144 représentants, c’est dix points de moins que lors de la précédente législature, durant laquelle ils étaient 211, soit 36,5 %.

Deux fois plus de petits patrons

Dans le détail, la nouvelle représentation nationale compte 58 fonctionnaires des catégories A/B/C, ainsi que 7 membres du grand corps d’Etat (Cour des comptes, inspection générale des finances, etc.). S’y ajoute un contingent d’une soixantaine de professeurs, qu’ils enseignent à la faculté (25 %), dans le secondaire (42 %) ou encore dans le premier degré (12 %). Une quinzaine de cadres ont aussi travaillé dans des entreprises publiques.

En revanche, on ne dénombre que quatre employés issus du service public. En passant de 235 à 279, le nombre de députés issus du secteur privé progresse de huit points et représente presque la moitié de l’hémicycle (48 %). Parmi eux, on trouve 41 chefs d’enteprises, dont 31 sont issus de l’alliance entre La République En marche et le Modem. Ces patrons dirigent en majorité des petites entreprises, bien loin des fleurons du CAC 40. Si la parité n’est pas atteinte, on compte tout de même une quinzaine de femmes parmi ces dirigeants d’entreprises. Lors de la précédente législature, on recensait 19 patrons dont… aucune femme.

Beaucoup de cadres…

Le nombre de cadres augmente également, passant de 134 (23 % des députés) à 180, soit près d’un tiers de la représentation nationale. Ce qui en fait une catégorie socioprofessionnelle sur-représentée au Palais Bourbon car ils forment 17,7 % de la population active. Les cadres sont particulièrement révélateurs du penchant de l’hémicycle vers le privé. Lors de la précédente législature, 60 % des députés ayant le statut de cadre venaient du secteur public, contre 40 % du privé. Un rapport de force qui s’est inversé avec cette nouvelle Assemblée. Parmi ces députés issus du secteur privé, on trouve aussi 14 ingénieurs, sept commerçants, cinq journalistes, trois représentants de commerce et un artisan.

Avec le fort renouvellement des députés, on pourrait croire que le nombre de « professionnels de la politique » a baissé. Il n’en est rien, en tout cas à priori. La nouvelle assemblée compte 29 « permanents politiques » contre 60 lors de la précédente législature. Un chiffre trompeur car les personnalités politiques ne se déclarent pas de la même façon. Ainsi, si l’ancien ministre Eric Woerth (LR) s’est déclaré comme « permanent politique », Marine Le Pen s’est officiellement présentée comme avocate et Jean-Luc Mélenchon n’a déclaré aucune profession… … et aucun ouvrier

Certaines professions sont toujours aussi bien représentées, notamment le monde juridique, fort de 36 députés, dont 27 avocats et trois magistrats. Lors de la précédente législature, ils étaient 38, dont 29 avocats. Le secteur médical aussi, avec 32 représentants : 24 médecins et huit pharmaciens. En 2012, ils étaient 35.

  • A l’inverse, le nombre de retraités a fortement reculé. Alors qu’ils étaient 106 lors de la précédente législature, soit 18 %, ils ne sont plus que 39, soit 7 % des députés. Les retraités deviennent ainsi sous-représentés, eux qui composent un peu moins de 20 % de la population française.
  • D’autres catégories sont quasi absentes au Palais Bourbon, comme les étudiants. La précédente législature n’en accueillait aucun et la nouvelle n’en compte qu’une : Typhanie Degois, élue sous l’étiquette LREM en Savoie.
  • En revanche, la nouvelle Assemblée ne comporte aucun ouvrier, contre quatre dans la précédente législature. Une absence criante alors que cette catégorie socioprofessionnelle représente 20 % de la population active.

Alexandre Rousset, Les Echos – Source (Extrait)