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C’est tout simplement la pire entrée en matière d’un gouvernement de la Ve République. Au lendemain des législatives, voilà Emmanuel Macron et Édouard Philippe contraints à un remaniement, non pour cause de ministres battus, mais en raison d’ennuis avec la justice desdits ministres, un mois après leur nomination.

Deux ministres –François Bayrou et Murielle de Sarnez-, d’autres peut-être, doivent quitter le gouvernement. Sylvie Goulard, ministre des Armées, a démissionné hier, pour officiellement pouvoir le cas échéant « démontrer sa bonne foi ». Une démission justifiée par l’enquête préliminaire sur les présumés emplois fictifs des assistants parlementaires du Modem, révélés par Franceinfo.

Entre 2009 et 2015, celle qui était députée européenne est soupçonnée d’avoir rémunéré un assistant qui était en fait un cadre essentiel du Modem, en charge de la formation des élus. « Plus embarrassant encore, écrit Franceinfo sur son site, un ancien ministre nous a raconté qu’il y a quelques années Sylvie Goulard lui avait confié que Stéphane Thérou lui avait été imposé par le parti présidé par François Bayrou, le ministre de la Justice. » Et l’ex-ministre des Armées s’était dit « mal à l’aise avec cette pratique », dénoncée par Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, entendue comme témoin hier (mardi 20 juin).

La démission surprise de Sylvie Goulard, épine dans le pied du président, est aussi une mise en demeure pour les deux autres ministres Modem du gouvernement, Marielle de Sarnez et François Bayrou. Hier, la première, ministre chargée des Affaires européennes, expliquait, à propos de son avenir politique, que « tout est ouvert pour moi. Le gouvernement ou la présidence du groupe Modem à l’Assemblée. Ce sont deux engagements passionnants », défendait celle qui est suspectée d’avoir embauché en qualité d’attaché parlementaires la cheffe de cabinet de François Bayrou, sa secrétaire particulière et une attachée de presse. Bref, d’avoir fait vivre le parti sur les fonds européens.

L’autre ministre exfiltré du gouvernement est Richard Ferrand, le titulaire de la Cohésion des territoires, qui fait l’objet d’une enquête préliminaire après que le Canard enchaîné a révélé que les Mutuelles de Bretagne avaient décidé en 2011, lorsqu’il en était le directeur général, de louer des locaux appartenant à sa compagne. Richard Ferrand, pas en complète disgrâce qui aurait l’air d’un aveu, compte briguer la présidence du groupe de la République en marche à l’Assemblée, sans que l’on perçoive qui, dans ce groupe de néophytes, le lui disputerait.

Pour Richard Ferrand, c’est à la demande du chef de l’État qu’il se retrouve à « un poste stratégique, qui fait l’interface entre le chef du gouvernement et le chef de l’État ». Ce faisant, « Emmanuel Macron, surtout, a marqué la confiance qui nous unit », a-t-il poursuivi. (…)

Enfin, dans l’affaire des conditions du déplacement à Las Vegas du ministre Macron en janvier 2016, des perquisitions ont été menées au siège du groupe publicitaire Havas et de l’agence nationale Business France, laquelle était dirigée alors par l’actuelle ministre du Travail, Muriel Pénicaut.(…)


Lionel Venturini – Source