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Pour ceux qui en doutaient encore, la prise de parole de Donald Trump le 1er juin 2017, dans les jardins de la Maison Blanche, aura été une confirmation brutale et définitive : oui, le président des Etats-Unis est une baudruche stupide dénuée de toute vision d’avenir.

Angela Merkel nous avait prévenus après le G7 de Taormina, expliquant entre les lignes qu’il allait désormais falloir « faire sans » ceux qui furent longtemps considérés comme des alliés.

La situation est grave : en faisant sortir les Etats-Unis des accords de Paris, Trump administre une gifle monumentale à l’humanité et, surtout, met en danger l’avenir de la planète en plaçant son pays en marge de toute idée progressiste. Les plus optimistes voient dans cette décision de Trump un go pour une nouvelle organisation du monde. Les moins optimistes y voient un basculement durable voire définitif de l’Amérique (telle que nous l’aimions) dans un vortex des plus inquiétants.

D’ores et déjà, des voix se sont fait entendre aux USA, et pas des moindres, pour condamner la décision de Trump (d’Elon Musk à Mark Zuckerberg en passant par Leonardo Di Caprio ou Bill de Blasio, le maire de New York). Nul ne doute que les rues américaines se rempliront d’opposants farouches à la décision de leur Président.

Mais la question urgente qui se pose est déjà la suivante : comment stopper la marche folle de cet homme élu selon des principes démocratiques? Comment l’Amérique parviendra-t-elle, après lui avoir confié les rênes dans un pur moment d’égarement, à se débarrasser du joug, de cet homme veule et capricieux qui a désormais, décidé de s’adresser à sa base républicaine pour sauvegarder son siège (piétinant pour cela une opinion publique pourtant largement favorable aux accords de Paris)?

L’Amérique (telle que nous l’aimons) se doit désormais de trouver une existence propre et autonome à côté du comportement puéril et erratique de son représentant. Les citoyens américains qui ne veulent plus subir l’agenda et les décisions de Trump se doivent dès aujourd’hui d’inventer leur façon à eux d’entrer en résistance. A cet égard, le jeudi 1er juin 2017 restera comme une date charnière de l’histoire du monde, mais aussi — et surtout — des Etats-Unis.


Pierre Siankowski – Edito de l’Inrocks N°1123 – Titre original « Résistance »