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Près de 47 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour le second tour des élections législatives. Ceux qui se sont déplacés ont confirmé une vague Macron, même si les Républicains ont pu sauver quelques meubles.

La France insoumise et le PS obtiennent chacun de quoi former un groupe. Voici ce qu’il faut retenir. La République en marche confirme. Le pari est réussi pour Emmanuel Macron. Un mois après son élection à la présidentielle, son parti entre en force à l’Assemblée nationale.

Au premier tour, le parti d’Emmanuel Macron avait recueilli 28,21%.

Avec 308 sièges pour LREM et 12 pour le Modem c’est 350 els qui composent une majorité pour Macron et son gouvernement. Ils auront de quoi faire passer leurs réformes.

Les Républicains 113 sièges, l’UDI 18 sièges, les divers droite 6 sièges, le Parti socialiste 29 sièges, le PRG 3 sièges, les divers gauche 12 sièges, La France insoumise 17 sièges, les écologistes 1 sièges, le Parti communiste 10 sièges, le Front national 8 sièges, Debout la France 1 siège, les régionalistes 5 sièges.

Une abstention historique atteint 57,36% des inscrits, un record (chiffres du ministère de l’Intérieur), ce scrutin est celui de toutes les élections législatives depuis 1958 qui a attiré le moins de Français aux urnes. Toutes élections confondues, il faut regarder les européennes pour trouver un si faible niveau de participation, notamment en juin 2009.

Le paradoxe est, que ces élus LREM/Modem ayant la majorité décisionnelle dans l’Hémicycle ne représentent aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés, ni chez les jeunes et les privés d’emplois qui aspirent à une sécurité d’emploi et de formation pour une vie digne. C’est inquiétant. Nous appelons à empêcher que l’été soit celui des mauvais coups.

En effet, dès cet été, les députés d’En Marche !/Modem vont être sommés d’obéir au doigt et à l’œil au Président et au 1er ministre pour leur donner les pleins pouvoirs, au service des milieux financiers et du MEDEF, pour casser le Code du Travail par ordonnances et liquider des acquis que le mouvement progressiste avaient gagné.

Source diverses – Le parisiens, L’humanité, etc…


Vu de l’étranger. La responsabilité immense de “Macron Ier de France”

En remportant la majorité absolue à l’Assemblée nationale, La République en marche permet au président français d’avoir les mains libres pour gouverner. Une situation qui interpelle la presse étrangère.

Malgré un score moins élevé que celui estimé après le premier tour, le résultat des législatives est sans appel : “C’est un chèque en blanc pour Macron”, assène le quotidien espagnol ABC, pour qui “il n’existe aucun précédent dans les démocraties européennes à ce qui vient de se passer en France”. Le journal madrilène souligne que le président français “était une personnalité à peine connue il y a moins de deux ans et il a réussi à envoyer au grenier les partis qui se sont succédé tout au long de la Ve République”.

La République en marche (LREM), avec ses alliés du Modem, peut compter sur au moins 350 sièges à l’Assemblée nationale. Une situation qui donne “les pleins pouvoirs au nouveau roi de France, Emmanuel Macron”, estime le journal italien La Stampa. Une métaphore royale reprise par El País en Espagne, qui titre sur “les pleins pouvoirs de Macron Ier de France” :

Avec un soutien écrasant, les Français ont transformé l’ancien ministre audacieux en un monarque tout-puissant et la France en une République à parti unique. Le jeune leader a fait le travail, mais les erreurs de ses rivaux lui ont ouvert un boulevard. Ce sont eux les responsables de la forte abstention et du risque pour Macron Ier de tomber dans l’absolutisme.”

Les paradoxes français

Ce “tremblement de terre Macron” surprend aussi le Financial Times outre-Manche, qui voyait dans la France d’il y a un an “tous les symptômes d’une sévère allergie aux réformes économiques”. Et pourtant, constate le quotidien économique, “après un long et mouvementé cycle électoral, la France a remis ses pouvoirs exécutifs et législatifs à un dirigeant probusiness souhaitant refonder l’économie”.

“Macron a gagné parce que la France avait peur du vide créé par la disparition de certains grands partis, par le terrorisme, la crise économique, le grand désordre mondial et l’inconnue que représente la droite nationale-populiste”, analyse de son côté le Corriere della Sera, qui évoque le “syndrome bonapartiste des Français”. Le quotidien italien admet ne pas savoir “si Macron saura apporter une réponse à ces inquiétudes, mais nous savons que la France a fait un investissement sur sa personne et que cet investissement, dans une Europe de plus en plus interdépendante, est nécessairement aussi le nôtre”.

Le résultat de ces élections procure en effet “une énorme responsabilité pour le locataire de l’Élysée”, pointe Le Temps :

Côté politique, Emmanuel Macron va devoir maintenant apprendre à construire. Son parti, qui a laminé ses adversaires, doit devenir une formation politique à part entière. Côté personnel aussi, l’enjeu est énorme : le pire pour le président français serait de se raidir, de se laisser tenter par la face autoritaire sombre que certains lui prêtent déjà. C’est au contraire l’inverse qui est nécessaire.”

Car il existe encore des “radicalités à l’œuvre du côté de la France insoumise et du Front national”, insiste le quotidien suisse, symbole d’“une colère qui a tout sauf disparu”. Marine Le Pen fait d’ailleurs “son entrée à l’Assemblée nationale”, comme le titre El Mundo, même si “le parti se prépare à une nouvelle crise en interne en raison de la démobilisation radicale de son électorat” lors des législatives. L’abstention record, à 57 %, sera aussi un problème pour l’exécutif, juge le site d’information burkinabé Wakat Séra : “L’abstention a été la véritable et seule adversaire de La République en marche qui écrase tout sur son chemin et, à ce titre, LREM a du souci à se faire.”


Corentin Pennarguear