Étiquettes

, ,

DECRYPTAGE – L’augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) ne fait pas que des heureux. Et pour cause, les retraités et les très hauts revenus sont les premières victimes de cette mesure.

Trois lettres : C, S et G. La contribution sociale généralisée (CSG) revient souvent sur le devant de la scène quand il s’agit de réforme fiscale. Emmanuel Macron ne déroge pas à la règle. Dans son programme, il annonce son augmentation de 1,7 point.

Créée en 1991 par le gouvernement de Michel Rocard, la CSG est un impôt qui a pour vocation de diversifier le financement de la protection sociale, (…). Au départ, cette taxe ne devait durer que cinq ans et être quasiment indolore pour les contribuables. Finalement, elle est toujours en place et varie selon le type de revenus (voir infographie), allant de 7,5% pour les revenus émanant des salaires et des primes à 9,5% pour ceux émanant du jeu. En 2016, elle avait rapporté 94,6 milliards d’euros à l’Etat.

Depuis son élaboration, les taux de cotisation ont considérablement augmenté jusqu’en 1997 pour atteindre 7,5%. Elle était initialement fixée à 1,1%. (…)

Si Emmanuel Macron souhaite diminuer les taux de cotisations payées par les salariés, les indépendants et les fonctionnaires afin d’« améliorer leur pouvoir d’achat », il lui faut trouver un moyen de compenser financièrement ces baisses. (…)

De plus, cette contribution touche tous les revenus, parmi lesquels les retraites et les différentes allocations chômage. Dans son programme, Emmanuel Macron stipule bien que cette hausse de la CSG de 1,7 point va avoir des conséquences sur les retraites – y compris les plus modestes – et les allocations chômage. Avec la réforme, en 2018, la CSG devrait rapporter 22 milliards d’euros supplémentaires à l’Etat.

Quelles sont les conséquences?

C’est pour les retraités que l’addition risque d’être salée. Si les salariés y verront une compensation grâce à la diminution d’autres cotisations, ces dernières ne concernent pas les seniors qui ne paient plus les charges salariales et patronales. C’est pourquoi le chef de l’Etat a précisé que toutes les retraites en dessous de 1.200 euros net mensuels ne seraient pas touchés par la mesure. Soit plus de huit millions de retraités qui ne devraient pas sentir les effets de cette hausse.

Pour ceux qui touchent plus de 1.200 euros de pension, le Premier ministre Edouard Philippe a tenu à les rassurer vendredi matin au micro de Thomas Sotto. Ces hausses d’impôts seront compensées par la « baisse, voire la suppression de la taxe habitation ».


Florence Morel Le JDD – Source (Extrait)