Avec M. Philippe, le nouveau Président a confié la conduite du gouvernement à une droite fière de l’être. Et pour bien rassurer les puissances d’argent, il a confié les clés du coffre-fort – l’économie et le budget – au même camp qui, il y a peu, se retrouvait derrière M. Fillon et son programme réactionnaire. Il faut s’attacher partout à chasser les illusions. Toutes ces girouettes n’ont rien à voir avec le renouveau de la politique ni avec l’honnêteté et l’éthique ! (…)

Avec un tel attelage gouvernemental, le Président compte bien opérer sur le scrutin législatif la razzia qui lui permettrait de pousser encore plus loin son projet d’explosion politique pour réaliser celui, inavoué, d’unir les fractions les plus libérales des deux camps. (…)

Il y a bien des ministres mais la Présidence choisit les directeurs de cabinet, comme il prétend le faire des journalistes chargés de rendre compte de son action. L’idée en apparence alléchante de réduire le nombre de collaborateurs dans les cabinets ministériels cache la volonté de donner le pouvoir à la technostructure, qui sera elle-même changée au gré des demandes. De même, le projet de réduire la représentation nationale d’un tiers n’est qu’une face cachée de la volonté de réduire le débat pluraliste, et de faire des députés et des sénateurs les tenanciers de la caisse enregistreuse des orientations fixées au sommet.

(…) Nous sommes en train d’en vivre l’un des premiers chapitres qui vise à clore dans notre pays la période ouverte par les conquis du Conseil national de la résistance. C’est une certaine exceptionnalité française qui est visée pour un alignement par le bas sur nos voisins.

C’est un vrai crève-cœur que les forces de la transformation sociale et écologique soient incapables de se réunir, alors qu’il conviendrait de contrebalancer la prédominance de l’élection présidentielle sur le scrutin législatif pour construire une autre majorité à l’Assemblée nationale. L’intérêt général des populations, des salariés comme des retraités, des créateurs comme des privés d’emploi, commande de disposer d’une force parlementaire majoritaire en lien avec les luttes et les résistances qui s’expriment dans leurs diversités mais convergent vers les mêmes objectifs de justice sociale, de transition écologique et de renouveau démocratique. Elle pourrait, dans l’unité mais la clarté, avoir une vocation majoritaire.


Patrick Le Hyarick – Député GUE – Source