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Emmanuel Macron poursuit son offensive de « destruction-recomposition » du paysage politique. Derrière les belles paroles sur la démocratie et l’apaisement du pays, son projet vise à mettre en place une majorité parlementaire à ses ordres. (…)

Il est permis d’alerter, sans procès d’intention, sur un programme qui, même accompagné de sourires, aura tôt fait de révéler sa dureté à l’encontre du monde du travail et de la création. (…)

« L’ouverture » dont le Président de la République a fait un argument de campagne est avant tout [en direction] de la protection sociale et des services publics au grand vent des marchés concurrentiels, une ouverture à la mondialisation capitaliste et non à des processus de coopération économiques ou culturels. (…)

Le progressisme social, démocratique et écologique ne saurait se diluer dans la marche en avant du capital.

Il ne peut y avoir d’émancipation humaine

  • sans développer et moderniser les services publics,
  • sans porter le débat sur une répartition juste des richesses qui oblige à augmenter la rémunération du travail,
  • sans moderniser la protection sociale et inventer de nouvelles sécurités de vie.

Au contraire, le projet de M. Macron consiste à aller plus vite et plus loin dans le sens de ce qui a été accompli durant le précédent quinquennat.

  • La protection sociale,
  • le droit du travail,
  • la fiscalité
  • les allocations chômage

sont clairement annoncés dans le collimateur, avec comme modèle les pays européens qui se sont remodelés aux canons de la mondialisation sous dictée des institutions européennes, qui n’ont d’ailleurs pas manqué de réaffirmer leurs exigences avant même l’intronisation du nouveau Président de la République.

Malgré tous les artifices de campagne, le Président Macron va devoir composer avec une société fracturée par les inégalités et inquiète du spectacle d’un monde en proie à des menaces de guerre et de désastres environnementaux.

Ceci renforce considérablement l’enjeu de l’élection des députés dans quelques semaines. La question est simple !

  • Lui donnons-nous carte blanche pour mettre définitivement le travail sous la coupe des exigences actionnariales avec une nouvelle loi de précarisation pour faire de l’entreprise l’échelle de toute négociation sur le temps et les conditions de travail ?
  • Va-t-il pouvoir l’imposer en recourant aux ordonnances ?
  • Lui permettrons-nous de supprimer l’impôt sur la fortune et d’abaisser l’impôt sur les sociétés quand celui des travailleurs et des consommateurs continuera d’augmenter ?
  • La proposition de suppression de la taxe d’habitation va-t-elle conduire à sacrifier les collectivités locales qui restent le lieu d’une démocratie vivante car proche des gens ?
  • Sa proposition de moralisation de la vie politique va-t-elle permettre de mettre à l’écart les puissances d’argent de la délibération démocratique ?

Pour disposer d’une garantie solide les électrices et les électeurs doivent se doter de députés sur qui ils pourront compter. (…) Que soient réalisées les promesses du mouvement qui s’est levé autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, tel est notre vœu le plus cher et le meilleur service à rendre à la nation !


Patrick Le Hyaric  – Source