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La plume de Dominique Seux dans un article intitulé « La réforme par ordonnances, et alors ? » « Les Echos » est annonciatrice de quelques mouvements de rues à venir. (lecture libre a cette adresse)

La réforme par ordonnances, et alors ? C’est un piège tendu à Emmanuel Macron par tous ceux qui veulent le voir trébucher en début de mandat. Il n’est même pas encore à l’Elysée, son équipe n’est pas encore constituée qu’un bûcher commence à être dressé.

Embarrassés par la légitimité d’un président qui a annoncé ses intentions avant d’être élu, ses déjà adversaires cherchent à diaboliser la méthode.

Focaliser le débat sur un point secondaire n’est pas inédit, le procédé avait été utilisé avec succès contre Nicolas Sarkozy en 2007, quand l’opposition avait réussi à caricaturer son action en la réduisant à la mise en place du fameux bouclier fiscal. Mais il faut être clair : le recours à des ordonnances, s’il ne doit pas être porté aux nues, n’a aucune raison d’être voué aux gémonies. Cette procédure n’est ni étonnante ni antidémocratique.

Un, le nouveau président a annoncé son intention de modifier les règles sur trois points précis :

  1. l’extension du champ de la négociation d’entreprise, la fusion d’un certain nombre d’instances de représentation des salariés et l’encadrement des indemnités prud’homales. Ces sujets ont fait l’objet d’une multitude de rapports et de milliers d’heures de débats avant, pendant et après la présentation de la loi El Khomri. Personne ne peut être surpris.
  2. sur la démocratie : le Parlement s’exprimera à l’occasion d’une loi d’habilitation, puis d’une loi de ratification. Pour cette raison, le parallèle avec l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution ne tient pas sur la forme.
  3. sur le fond puisque, à la différence de François Hollande qui a appliqué une politique pour laquelle il n’avait pas de mandat clair, Emmanuel Macron a annoncé la couleur.

Mais il faut aller plus loin. C’est la lenteur des procédures parlementaires qui conduit à chercher tous les moyens d’accélérer les réformes.

Exemples. Entre la première évocation de la loi Macron de 2015 et son application concrète, il s’est écoulé… quatre ans. Le parcours de la loi El Khomri a duré quant à lui 600 jours ! Il ne faut pas s’étonner que l’opinion, qui attend des résultats, finisse par se persuader que les responsables politiques sont impuissants et inefficaces.

C’est la première vraie question posée par le recours exceptionnel aux ordonnances. Pourquoi la lenteur ordinaire ?

L’autre vrai impératif porte sur un nécessaire dialogue, même rapide, avec les acteurs économiques et sociaux.