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Un champ de ruines à reconstruire

La défaite de François Fillon a plongé une partie des élus Républicains dans un abîme de perplexité. Un blues qui gagne tous les étages, au point, même, de laisser certains envisager un retrait de la vie politique, sur le plan national tout au moins. C’est le cas de Pierre Lellouche, après vingt-quatre ans de mandats ; de Benoist Apparu avec un cinglant « Tout ça m’emmerde. Je vais prendre du champ », Bernard Accoyer.

Luc Chatel pourrait quitter tous ses mandats, Nicolas Sarkozy qui retourne à ses conférences. Une autre vie que certains n’envisagent pas même s’ils ont le besoin urgent de « faire un break ».

« Cette défaite est forcément un coup dur pour tout le monde à droite. Il faut se reconstruire, chacun à sa manière », explique le très filloniste Jérôme Chartier qui fut, des années durant, un indéfectible soutien. « J’ai passé douze ans de ma vie politique pour lui. Une page se tourne désormais pour moi, il va falloir que je me pose, j’en ai besoin. Mais c’est pour mieux repartir au combat après », explique celui qui s’est accordé depuis dimanche soir « une coupure de quelques jours pour faire le point ».


Beaumont Olivier, Le Parisien –Extrait/Synthèse-Source


François Fillon laisse la droite dans un état préoccupant. Après la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, c’est la deuxième élection présidentielle perdue pour l’UMP devenue le parti Les Républicains (LR).

La plupart des ténors vont maintenant très vite tourner la page Fillon. Avant le scrutin, beaucoup estimaient déjà que cette défaite serait imputable à la personne de l’ancien premier ministre plus qu’à son programme. « On paye cher les affaires. Ce ne sont pas nos idées qui ont été battues… Ne baissez pas les bras. Cette élection est à quatre tours », a estimé Laurent Wauquiez, vice-président délégué de LR, en se projetant déjà vers les législatives.

Une analyse partagée par Bruno Retailleau, le coordinateur de la campagne : « C’est une immense déception. Cette campagne a trop souvent tourné au procès. Il a été impossible d’aborder le bilan. »

L’impératif pour les barons du parti sera d’abord de faire survivre la droite républicaine dans l’entre-deux tours. Une partie des juppéistes, tel le sénateur de la Vienne Jean-Pierre Raffarin, a déjà appelé à voter Emmanuel Macron pour faire barrage au Front national.

D’autres vont appeler à voter contre Marine Le Pen en laissant les électeurs libres de s’abstenir, comme l’a fait M. Wauquiez, dimanche soir (23 avril 2017).


Matthieu Goar  – Le Monde – (Extrait) -Source