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Le manque de pluie durant cet hiver a certes affecté les réserves d’eau du territoire français, mais nous sommes encore loin d’une situation de crise, d’après le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) qui a présenté, ses conclusions sur l’état des nappes d’eau souterraines en France au 1er avril 2017.

Si leur situation n’est pas folichonne en ce début de printemps, elle n’est pas non plus catastrophique comme ce fut le cas en 2012, où le déficit en eau avait été très important au point de pénaliser une partie du monde rural.

Dans le Sud-Est, le déficit de pluie avait atteint 25 % en moyenne. La Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse avaient été les régions les plus défavorisées. Du Midi-Pyrénées à l’Anjou et à la région nantaise, le bilan des pluies avait été encore plus déficitaire, et ce malgré des mois d’avril, mai et juin copieusement arrosés. La sécheresse s’était même aggravée, durant l’été, de l’Aquitaine aux Pays de la Loire et du Bassin parisien jusqu’au Limousin. Sur l’ensemble de ces régions, le déficit avait atteint plus de 60 % en moyenne, et même 80 % en Île-de-France.

Quoi qu’il en soit, à ce jour, et alors que les périodes de recharge hivernale des nappes ne sont pas totalement terminées, nous n’en sommes pas là, et ce même si le BRGM a tenu à alerter sur certains points noirs : « Nous ne sommes qu’au début du printemps. L’hiver, la végétation est en sommeil et ne consomme que peu d’eau. Si les conditions pluviométriques, qui ont été faibles cet hiver dans certaines régions, n’évoluent pas, alors là, oui, on pourra parler de risque. »

Malgré tout, d’après les données publiées jeudi, presque 54 % des nappes phréatiques sont à un niveau considéré « comme plus bas que la moyenne habituelle en ce mois d’avril ».

La France n’est pas logée partout à la même enseigne

Ce manque d’eau cet hiver a été, et de manière étonnante, plus prononcé dans les parties nord, est et ouest du pays. La Champagne, la plaine d’Alsace, l’Aquitaine, mais aussi la Bretagne nord et centre ont été les régions les plus impactées. Dès le mois de décembre, des arrêtés de restriction d’eau ont été pris en Bretagne.

Enfin, on apprenait sur le site Propluvia (outil de gestion des arrêtés de restriction d’eau du ministère de l’Environnement) que de nouveaux arrêtés étaient en cours en Ille-et-Vilaine et Côtes-d’Armor avec une réduction des prélèvements à des fins agricoles inférieure à 50 %, une interdiction d’activité nautique et à certaines heures d’arroser les jardins, espaces verts ou golfs, etc.

À un degré moindre, dans le Calvados, dans l’Eure, en Savoie et dans le Haut-Rhin, des informations et incitations aux particuliers ainsi qu’aux professionnels à faire des économies d’eau ont été lancées.

Pourtant, la France n’est pas logée partout à la même enseigne. « La vallée du Rhône, la Provence, les Vosges, le Jura, les Pyrénées ainsi que la Beauce sont dans des conditions disons favorables, explique Philippe Vigouroux, membre du BRGM. On reste dans une situation sinon normale, du moins pas particulièrement critique par rapport aux autres années. »

Conclusion confirmée par Nathalie Dörfliger, directrice eau, environnement, écotechnologies. « Rien, ici, de comparable aux déficits historiques de 2003 et 2004. »


Éric Serres – Source –