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Ayant à choisir entre plusieurs candidats, un électeur vote pour celui dont il se considère significativement le plus proche, compte tenu de ce qu’il estime être les enjeux du scrutin.

S’il n’arrive pas à choisir, il s’abstient ou vote blanc. Cette abstention « intermittente » est donc liée à la difficulté pour une partie des électeurs de se positionner par rapport aux options en présence. Ce qu’on peut regrouper sous le terme générique de «manque de lisibilité du scrutin».

Terme un peu réducteur, certes, mais qui met bien en évidence ce qui est au cœur du phénomène auquel nous assistons : moins un scrutin est lisible, plus l’abstention est forte – et par extension : tout ce qui réduit la lisibilité, accroît l’abstention. Ou encore : les électeurs qui ont la lecture la plus simple, voire la plus simpliste des enjeux, sont ceux qui se mobilisent le plus.

Les velléités pré-électorales d’abstentions concernent essentiellement les partis ayant exercé le pouvoir, alors que les oppositions radicales font apparemment le plein des voix de leurs partisans.

On pourrait ne voir dans les difficultés de François Fillon que le résultat des affaires dont il est à l’origine, ou interpréter l’incapacité de Benoît Hamon à s’imposer, comme la conséquence de divisions internes d’appareil. Mais ce serait une erreur : ils ne font que souligner la difficulté des partis dont ils sont issus à définir des enjeux autour desquels faire le plein des voix de leur camp. A ce titre, ils sont les marqueurs d’un processus qui débouche inévitablement sur une recomposition du paysage politique.


Synthèse, d’après un article signé Michel Fansten dans libération, titré « Le poids de l’abstention, le choc des résultats » – Source Original