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Après avoir inspecté perturbateurs endocriniens présents dans les cheveux de députés écologistes, l’association Générations futures a fait analyser le taux de glyphosate présent dans l’urine de différentes personnalités.

« Des résidus de glyphosate ont été retrouvés dans les urines d’un échantillon de 30 personnes », a annoncé jeudi l’ONG Générations futures. L’association a fait analysé les urines matinales de personnes des deux sexes, âgées de 8 à 60 ans, habitant en ville ou à la campagne et à l’alimentation variable (biologique ou non végétarienne ou non).

Une dizaine de personnalités, comme la chroniqueuse Charline Vanhoenacker, la chanteuse Emiliy Loizeau ou l’ancien rapporteur pour le droit à l’alimentation aux Nations unies, Olivier De Schutter, ont accepté de jouer les cobayes, à côté de citoyens lambda.

Le résultat est sans appel : « 100 % des échantillons analysés contenaient du glyphosate à une concentration supérieure à la valeur minimale de quantification du test », soit 0,075 ng/ml, indique l’ONG dans un communiqué.

« C’est une contamination significative », a estimé François Veillerette, le président de l’association, qui avec cette opération de communication, entend « tirer le signal d’alarme » et « dire “stop” ». L’association souhaite que les autorités interdissent enfin cette molécule considérée comme « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une branche de l’Organisation mondiale de la santé.

Le glyphosate, qui entre dans la composition d’herbicides comme le RoundUp de Monsanto, le plus vendu au monde, fait l’objet d’une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l’Union européenne. Fin juin 2016, Bruxelles a prolongé temporairement l’autorisation de la substance, en attendant la publication d’un nouvel avis scientifique, prévu au plus tard pour fin 2017. En mars dernier, a contrario du CIRC, les experts de l’Agence européenne des produits chimiques ont estimé que le glyphosate ne devait pas être classé comme cancérogène.

Une « initiative citoyenne européenne » (ICE) visant à interdire cette molécule a recueilli environ 630000 signatures dans l’Union Européenne, dont 52000 en France ; la Commission européenne doit réagir dans les trois mois à venir.


Sanogo Aboubacar Sidick, avec Alexandra Chaignon – Source