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Les élus [PS] ralliés à Emmanuel Macron en font, plutôt que Jean-Luc Mélenchon, le meilleur rempart contre Madame Le Pen. (…)

Il ne faut pas confondre le poison et l’antidote.

Si Jean-Luc Mélenchon propose un projet de société radicalement opposé à celui du FN tout en répondant aux aspirations populaires, c’est Emmanuel Macron, ministre et principal conseiller de François Hollande pendant cinq ans, qui est souvent présenté comme le meilleur rempart contre le Front national. Or ce [parti fascisant] n’a jamais été aussi fort qu’à l’issue de ce quinquennat. Une contradiction qui n’a pas l’air de gêner Manuel Valls, qui appelle à voter Macron au premier tour pour être « responsable » face au danger du FN.(…) « C’est la politique de Macron qui nous a amenés dans la situation politique et sociale actuelle, et ce serait à lui qu’on demanderait de nous en sortir? » un comble

Électoralement, le profil du banquier d’affaires puis conseiller du prince sied à merveille comme adversaire à une Madame Le Pen qui se rêve en égérie du peuple. « Macron est un pur produit du système et incarne une tentative de celui-ci de se sauver, une illusion dangereuse face à la réalité du FN ». « C’est la même configuration qu’aux États-Unis, analyse Éric Coquerel. Hillary Clinton était moins bien placée que Bernie Sanders pour éviter la victoire de Donald Trump. »

Selon une enquête BVA, 32 % des électeurs choisiraient le candidat Macron le choisissent « par défaut, car c’est le moins pire de tous »… (…) Rien d’étonnant à voir les électeurs peu séduits par le programme tant l’ancien banquier de Rothschild répond peu aux problèmes qui tiraillent les classes populaires tentées de chercher des réponses au FN.

Sourd aux vœux des français

Là où des Français demandent de la protection, il répond dérégulation du marché du travail, qualifiant même la loi El Khomri actuelle « d’aménagement à la marge » [autrement dit, Élu il irait plus loin ! -MC].

Là où les Français veulent plus d’égalité, Emmanuel Macron propose d’exclure de l’ISF les revenus financiers et d’exonérer ainsi une fois de plus le capital de sa participation au pot commun.

Quand les citoyens rejettent les institutions moribondes, Macron répond « retour aux sources de la Ve République ».

Là où les Français réfutent l’Europe libérale actuelle, le candidat d’ En marche ! veut plus d’intégration européenne et un ministre de la zone euro.

Des propositions qui laissent un boulevard à la démagogie lepéniste.

« Ce qui va se jouer avec cette présidentielle, c’est de faire prendre au pays une direction différente, une vraie alternative, sinon cela risque d’être la dernière station avant le terminus FN ». Le train peut encore prendre une autre direction.


Cédric Clérin – Humanité Dimanche – Source/ Extrait