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 FN – L’affaire du financement des campagnes

Pour tous les scrutins depuis 2011 (cantonales 2011, présidentielle et législatives 2012, municipales, européennes et sénatoriales 2014, départementales et régionales 2015), la justice soupçonne le Front national d’avoir monté un système de financement complexe afin de profiter au mieux de l’argent public alloué en fonction des résultats électoraux.

Des « kits de campagne » surfacturés ?

Deux sociétés, Riwal (dirigée par Frédéric Chatillon proche de Marine Le Pen), et Les Presses de France (LPDF, dirigée par Axel Loustau), sont soupçonnées d’avoir surfacturé des « kits de campagne » (affiches, objets divers à l’image du FN) au micro-parti Jeanne, créé par Marine Le Pen. Jeanne revendait ensuite aux candidats du parti ces kits, en leur prêtant l’argent nécessaire, au taux de 6,5 %. Enfin, l’État remboursait les frais de campagne aux candidats, intérêts inclus. Bilan : tout le monde gagnait de l’argent (ou évitait d’en perdre), sauf l’État, en remboursant les candidats. Le microparti Jeanne a d’ailleurs, depuis, été requalifié en « société commerciale » par le fisc.

De plus, le FN aurait contraint ses candidats à acheter les kits en échange de l’investiture — ce qu’interdit le code électoral.

Riwal est aussi soupçonné d’avoir employé fictivement deux cadres du FN, David Rachline et Nicolas Bay, alors, qu’ils travaillaient pour le parti.

Il existe trois enquêtes sur cette affaire : une première datant de 2013 sur les campagnes de 2012, dans laquelle Riwal, LPDF, le FN, son trésorier et un de ses vice-présidents ainsi que cinq proches de Marine Le Pen (dont Chatillon et Loustau) ont été renvoyés en correctionnelle en octobre dernier.

Ils devront répondre d’escroquerie en bande organisée, faux, usage de faux, abus de biens so­ciaux et recel. Marine Le Pen n’a, elle, pas été inquiétée directement, mais a été entendue en tant que « témoin assisté ». Une seconde enquête sur les campagnes de 2014 à 2016 a été ouverte en octobre sur la base de la cellule anti-blanchiment Tracfin.

Enfin, une enquête préliminaire a suivi fin 2016 à propos des régionales de 2015. Au total, 13 mises en examen ont été prononcées pour cette affaire.


Joël Carassio – Le Dauphiné Libéré – 29 mars 2017


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