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Ce pourrait n’être qu’un simple épisode de la campagne présidentielle ; c’est peut-être au contraire un basculement historique qui est en train de se produire. Dans la plupart des instituts de sondage, Jean-Luc Mélenchon est passé devant Benoît Hamon. (…)

Benoît Hamon a perdu un gros tiers de ses électeurs potentiels initiaux, partis pour la plupart chez Emmanuel Macron. Benoît Hamon est à la fois coupable et victime de cette fuite sur son flanc droit.

Coupable, d’abord, car après avoir gagné la primaire par la gauche, il a délibérément refusé de se « recentrer », poussant dans les bras du candidat d’En marche ! des bataillons d’électeurs de sensibilité sociale-démocrate.

Victime, ensuite, car la force de Marine Le Pen, combinée à la chute de François Fillon, a engendré un réflexe de « vote utile ». Hamon lui-même a agité la menace FN à laquelle la candidature Macron est, aux yeux des électeurs de gauche, un antidote plus efficace.

Résultat : en dépit d’un meeting réussi à Bercy, le porte-drapeau officiel du Parti socialiste est incapable de créer une dynamique en sa faveur.

Pire : il a établi une cloison étanche entre son offre et celle d’Emmanuel Macron, rendant désormais difficile toute fluidité entre leurs deux électorats.

À l’inverse, il a établi une sorte de continuité politique et sociologique entre son socle et celui de Jean-Luc Mélenchon, créant cette fois une fluidité nouvelle, sur son flanc gauche.


Extrait/Synthèse d’après un article signé Guillaume Tabard, titré « Vers un retournement historique à gauche ? » dans « Le Figaro » Source