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Faire campagne et gagner, c’est une chose ; gouverner en est une autre.

Or il est évident depuis le 20 janvier, date de l’investiture de Donald Trump, que la capacité du nouveau président à mettre des choses en œuvre est très limitée. D’abord parce qu’il a besoin du Congrès. Sur tous les éléments de la politique interne et économique, ce sont les députés et les sénateurs qui ont le dernier mot.

Pour taxer les biens mexicains, par exemple, il ne peut pas décider – il doit convaincre le Congrès. Or, traditionnellement, les républicains sont favorables au libre-échange. Il n’est donc pas certains que ses alliés, majoritaires dans les deux chambres, approuvent son agenda protectionniste.

Il faut rappeler, en outre, qu’aux États-Unis le président n’a pas beaucoup de pouvoir de proposition. Ce n’est pas lui qui propose généralement la législation, contrairement aux pays avec des gouvernements issus de majorité parlementaire.

Ensuite, on ne sait pas ce que veut vraiment Donald Trump en matière de commerce international. Sur ce sujet comme dans d’autres domaines, on sait ce qu’il veut supprimer… mais on ne voit rien venir comme solutions alternatives ! C’est vrai sur les thèmes de politique intérieure, mais aussi en matière de protectionnisme. Il dit vouloir renégocier l’Alena, l’accord de libre-échange nord-américain… mais pour faire quoi ? Et pour obtenir quoi ? Il est resté très évasif jusqu’à ce jour.

On peut donc dire que Donald Trump possède un pouvoir de nuisance plus qu’un pouvoir constructif. Mais ce pouvoir de nuisance peut avoir de lourdes conséquences. (…)

Par ailleurs, ne pas participer à des négociations est, déjà, une manière – négative – de peser sur la marche du monde. (…)

Interview de Nicholas Dungan – Lettre de la revue IRIS N° 626 – Source