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 Choisir le Président de la République, c’est aussi choisir les moyens que se donne la France pour transformer la construction européenne qui fait l’objet d’un rejet populaire jusqu’ici inconnu.

Un rejet si massif que le Président de la Commission européenne s’est lancé dans un feu d’artifice de propositions qui ont toutes pour point commun de proposer des changements « pour que surtout rien ne change … » pour la haute finance.

Dans l’actuelle campagne de l’élection présidentielle, les enjeux européens ne sont envisagés que sous des angles aussi dangereux que réducteurs pour empêcher toute construction alternative. Pourtant, à la table du Conseil européen, le chef de l’État français joue un rôle décisif qui pourrait permettre un nouveau rapport de forces afin d’engager le continent vers une refondation sociale, démocratique et écologique, dans le respect des souverainetés de chaque peuple et de chaque pays.

Rien de cela évidemment dans le projet de M. Fillon, ni dans celui de M. Macron qui copie-colle point par point les iniques recommandations de la Commission européenne.

L’extrême droite se nourrit des déceptions et des colères pour mieux imposer « un national capitalisme » qui accentuerait les divisions entre salariés, et amplifierait  les guerres économiques.

Les uns comme les autres évacuent la question démocratique, la nécessité de s’émanciper des marchés financiers et de leur pression sur les travailleurs et le tissu industriel, des migrations et des réponses à apporter tant en terme d’accueil que de co-développement, celle des services publics, d’une nouvelle politique agricole commune intégrant la vie des paysans et la nécessité d’une alimentation de qualité, des indispensables coopérations pour les transitions environnementales et pour conjurer le réchauffement climatique, des moyens de réduire des dettes scandaleuses et illégitimes accumulées par les États pour sauver les banques.

S’arc-boutant sur une conception dépassée et exécrée de la construction européenne, le Président français propose un retour en arrière pour fédérer le cœur de l’Union européenne autours des pays capitalistes les plus dynamiques et de se délester de ceux qui rencontrent le plus de difficultés, à mille lieux des ambitions de solidarité proclamées par le traité fondateur de Rome.

Un nouveau Président de la République devrait se donner l’objectif de tracer une voie nouvelle sur le continent, dans l’intérêt de tous les peuples qui le composent.

Il est devenu évident que la recherche des excédents commerciaux pour écraser ses partenaires ne conjure pas du risque de l’extrême droite. La progression fulgurante des forces nationalistes aux Pays-Bas comme en Allemagne le démontre amplement. L’Europe sera solidaire, ou ne sera pas !

Dans ces élections présidentielle et législatives, il convient d’aider à pousser ces débats pour prendre en compte l’intérêt du monde du travail et l’avenir de la jeunesse.

Patrick Le Hyaric Député GUE Européen – Source (extrait)