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Alors que François Fillon à réuni ses partisans sur le parvis du Trocadéro, la presse étrangère, elle, en appelle déjà à son successeur.

Pour une grande partie de la presse européenne, ni le rassemblement programmé le dimanche 5 mars sur le parvis du Trocadéro sous haute surveillance policière, ni l’interview de Pénélope Fillon dans le Journal du Dimanche ne pourront enrayer la chute du candidat des Républicains :

“François Fillon ressemble de plus en plus à un candidat posthume. Sa campagne s’évapore, et si le rassemblement de ce week-end se passe mal, ce pourrait être la fin”,

indique le commentateur politique britannique Simon Heffer dans le quotidien conservateur The Telegraph.

Même son de cloche dans les colonnes du journal dominical The Observer : “Les épreuves de François Fillon vont finalement lui être fatales. Accusé de détournement de fonds publics après avoir employé son épouse, Penelope, et leurs enfants dans des emplois présumés fictifs, le candidat sera formellement mis en examen par les procureurs le 15 mars prochain. Les élus de droite le lâchent. Le personnel clé de la campagne, y compris son principal porte-parole, a démissionné.

Un sondage publié vendredi a révélé que 70 % des électeurs croient qu’il a tort de maintenir sa candidature. Sa popularité a fortement baissé. Et peu importe qu’il nie ses fautes avec véhémence. Sa crédibilité est en miette. En termes électoraux, il est condamné”.

Une situation qui ouvre un boulevard à la “toxique M. Le Pen”, indique The Observer. Avec, dans son sillage, Emmanuel Macron, ajoute die Zeit.

Une bonne nouvelle ?

Pas pour Simon Heffer, qui, au contraire de ses collègues britanniques, ne semble pas du tout séduit par le leader d’En marche ! Dans son billet intitulé Il est temps qu’Alain Juppé sauve la France de l’épouvantable Monsieur Macron, il s’explique :

Emmanuel Macron, surgi de nulle part, est simplement un double un peu moins absurde du président Hollande. À en juger par ce qui lui tient lieu de programme, il sait encore moins comment faire entrer la France dans le XXIe siècle que le désastreux président actuel”

Simon Heffer pourrait être entendu. Car le dénouement politique de l’affaire Fillon pourrait survenir lundi 6 mars, avec la convocation par le Secrétaire Général des Républicains Bernard Accoyer et le président du Sénat Gérard Larcher d’un Conseil politique du parti, rappelle le quotidien espagnol El Pais :

“Ils ont tous les deux rencontré l’ancien président Nicolas Sarkozy. S’il s’allie avec son vieux rival Juppé, Fillon a toutes les chances d’être coulé”.