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Xavier Beulin, celui que le gouvernement et syndiqués adulait ….

Le représentant de l’agriculture française, Monsieur Xavier Beulin, président de la FNSEA , celui qui négociait alors au nom des justes revendications des agriculteurs de ce syndicats (sans trop de mal apparemment) avec Stéphane Le Foll Ministre de l’agriculture, était (et nous pouvons supposer que la releve familiale est assurée) président de la société Protéol, une multinationale qui est propriétaire de groupes agro-alimentaires.

Ce Monsieur au travers de sa société Farmor à Guingamp, importait (et sa société doit toujours le faire) du poulet industriel brésilien qu’il vendait  à la Grande Distribution.

Il était de ceux qui envoyait, de la main gauche, des commandos de producteurs de volailles dans la détresse faire le coup de force, et de la main droite, il importait du poulet brésilien qui ruine ces mêmes producteurs.

Petit rappel des activités de l’agro-businessman, tout puissant patron du premier syndicat agricole français … loin des préoccupations des petits éleveurs par conséquent.

Costume impeccable, chaussures fines, Breitling au poignet, «petit pied-à-terre» en Tunisie, Xavier Beulin a la rutilance et le train de vie d’un PDG de multinationale. Et pour cause. A 56 ans, celui qui dirigeait la FNSEA depuis fin 2010 et que d’aucuns qualifient de «véritable ministre de l’Agriculture» tant il obtenait tout ce qu’il voulait de François Hollande comme de son prédécesseur, était aussi et surtout un redoutable homme d’affaires.

Coiffé de multiples casquettes, l’influent syndicaliste tirait en toute discrétion les ficelles de l’agro-industrie française… celle-là même qui entraîne la disparition des agriculteurs.

Contrairement à ce qu’il avait promis lors de son accession au sommet de la FNSEA, il avait conservé la plupart de ses autres mandats, une bonne dizaine en tout.

En plus de quantités de responsabilités dans différentes instances clés du monde agricole, en province, à Paris ou à Bruxelles, il présidait le port de commerce de La Rochelle – deuxième port français pour l’exportation de céréales – ou le conseil économique et social régional (CESER) du Centre. Et s’était même emparé, en sus, de celle de l’IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen), un think tank fondé par Jean-Louis Guigou, mari de l’ex-ministre socialiste Elisabeth Guigou.

L’homme qui pesait 7 milliards

Surtout, il était à la tête d’un empire agro-industriel et financier aussi puissant que peu connu du grand public : le géant céréalier Sofiprotéol, récemment rebaptisé Avril pour «symboliser la force du renouveau». Ce mastodonte pèse 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, regroupe plus de 150 sociétés et se dit présent dans 22 pays, dont – ô surprise – ceux du Maghreb, l’une des terres que l’agriculture tricolore doit absolument conquérir, ne cesse de répéter Beulin. La raison d’être d’Avril-Sofiprotéol, ce «maître caché de l’agriculture française», comme titrait le site Reporterre.net début 2015 ? Assurer un maximum de débouchés à la filière des huiles et protéines végétales (colza, tournesol, pois…).

La holding de Beulin est partout. Dans nos assiettes, avec les huiles Lesieur et Puget ou les œufs Mâtines, marchés qu’elle domine. Dans celle des porcs, de la volaille ou du bétail, avec Glon Sanders, numéro 1 français de l’alimentation animale. Dans la «santé» et la génétique animale.

Dans nos moteurs, avec Diester Industrie, champion européen du biodiesel (une vraie «rente de situation», dixit la Cour des comptes en 2012). Dans nos cosmétiques, peintures ou matelas en mousse polyuréthane, puisqu’Avril est aussi leader européen de l’oléochimie. Dans le financement de l’agriculture industrielle. Dans la presse agricole. Dans l’huile de palme, dans les semences ou dans les OGM (avec Biogemma)… N’en jetez plus !


Coralie Schaub  – Libération (Extrait) – Source


Ils ont dit :

François Hollande, président de la République : le décès de Xavier Beulin est une «perte majeure pour la France». «Xavier Beulin était convaincu du rôle majeur de la recherche et de l’innovation. Et il avait investi les organisations dont il avait la charge dans la préparation de la Conférence sur le climat qui a débouché sur les accords de Paris de décembre 2015», a souligné le chef de l’Etat, qui a appris «avec consternation et stupeur» sa disparition.

Bernard Cazeneuve, Premier ministre : «A quelques jours du Salon, dans une période où l’agriculture française fait face à des enjeux d’une ampleur immense, sa disparition est un choc pour chacun. Xavier Beulin était un agriculteur engagé, un ardent défenseur de l’agriculture et des paysans, un interlocuteur exigeant mais toujours à la recherche des solutions d’avenir pour un secteur en l’avenir duquel il croyait. C’était aussi un grand chef d’entreprise qui défendait l’idée qu’il n’y avait pas de contradiction entre ces activités, qu’elles concouraient toutes les deux à construire l’agriculture de demain». (communiqué)

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture : «Avec lui, au-delà de nos différences, j’ai toujours travaillé pour trouver des solutions pour soutenir une agriculture qui traverse des moments difficiles».