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Après des semaines de mobilisation, le peuple a obtenu le retrait d’un décret dépénalisant certains faits de corruption. (…)

Il est environ 20 heures ce dimanche 19 février et, devant le siège de l’exécutif, place de la Victoire, à Bucarest, quelque 2 000 parapluies affrontent vaillamment les gouttes – pas une simple affaire : pour le dire trivialement, ça caille. Leurs propriétaires, eux, se sont lancés dans un autre combat : pousser à la démission le nouveau gouvernement social-démocrate roumain, mouillé – décidément – dans de sombres scandales de corruption.

Alors, malgré le froid, (…) ils sont toujours aussi déterminés : “On ne part pas, on résiste !” C’est d’ailleurs sous le mot d’ordre – et hashtag – “Rezist” qu’a débuté, il y a trois semaines, le plus important mouvement populaire qu’ait connu le pays depuis la chute de Ceausescu, en 1989.

Il voulait faire passer en catimini un décret unique pour dépénaliser la corruption

Tout commence par un décret. Le 31 janvier, le gouvernement décide d’adopter en douce, à 22 heures, le “décret 13”, qui dépénalise de facto certains faits de corruption en relevant à 44 000 euros le seuil à partir duquel s’enclenchent les poursuites – une mesure qu’il avait déjà tenté de faire passer le 18 janvier, entraînant déjà plusieurs manifestations dans le pays.

(…) voir une coïncidence, quand le patron du Parti social-démocrate (PSD) et président de la chambre des députés, Liviu Dragnea, poursuivi pour des affaires d’emplois fictifs (…) Un texte d’urgence, écrit sur mesure pour – et par ? – cet homme, vainqueur des élections législatives de décembre 2016, tête pensante officieuse du gouvernement, et, accessoirement, déjà condamné à deux ans de prison avec sursis en 2015 pour fraude électorale.

Reste que sous la pression populaire, le décret 13 a finalement été retiré.

(…) Au travers de cette mobilisation, c’est toute une nouvelle génération qui émerge. Des jeunes politisés, éduqués, proeuropéens et, surtout, qui ont décidé de ne pas se laisser faire. Qui ont choisi de dire stop à la corruption qui se répand dans leur pays depuis des années, malgré la transition démocratique initiée depuis la chute de Ceausescu, en 1989 et la création en 2002 de la Direction nationale anticorruption, institution actuellement dirigée par la procureure Laura Codruta Kövesi, terreur des ex-ministres, élus et fonctionnaires.

Une génération qui, contrairement à celles de leurs parents et grands-parents, n’a pas vécu sous le régime dictatorial de Nicolae Ceausescu, “n’a pas peur de s’exprimer, on est libres. Et puis, on a les réseaux sociaux.” 

De nombreuses initiatives de résistance sur les réseaux sociaux

“Mark Zuckerberg a changé l’histoire des mouvements populaires !” (…) Mihai remercie les réseaux sociaux qui lui a permis même s’il refuse le terme “d’organisateur”, lui préférant celui de “facilitateur” de revendication Le groupe Facebook qu’il a créé à “600 000 followers pour la Roumanie”, qui agrège près de 10.000 personnes.

Sur cette plate-forme, les idées fusent, des propositions sont faites, des sondages lancés, des discussions entamées. “Avant, je ne m’étais jamais vraiment intéressé à la politique. Mais là, tout de même, on est le premier Etat à avoir tenté de légaliser la corruption ! Du coup, je me suis dit, OK, je dois m’impliquer.


Amélie Quentel – Les Inrocks (extrait-synthèse d’un article intitulé « En Roumanie, la révolution au cœur de l’Europe » – Source


Voilà qui donne a réfléchir à bien des oreilles alors que certaines-certains se lancent en France à conquérir le pouvoir, d’abord au niveau présidentiel, puis les législatives françaises, se réclamant plus blanc que blanc alors qu’il n’en est rien. Comment faire confiance a ces magouilleurs d’envergures comme gestionnaires de l’état et donnant des directives gouvernementales consistant a disqualifier toutes les revendication financières de la plus grande majorité des français (pouvoir d’achat). MC