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Haro sur le système actuel d’assurance chômage !

Exit donc les partenaires sociaux, créateurs de l’Unedic – l’organisme paritaire qui gère l’assurance chômage – en 1958. L’idée du candidat à la présidentielle est d’aller « vers une assurance chômage universelle (…). J’ai par exemple proposé que le bénéfice des droits à l’indemnisation soit ouvert à tous ceux qui démissionnent de leur entreprise, ainsi qu’aux indépendants, aux professions libérales et aux entrepreneurs ». Un peu plus loin, il déclare également souhaiter que ce droit « soit ouvert aux artisans, aux commerçants et aux agriculteurs ».

L’allocation chômage financée par une hausse de la CSG

Pour financer tout cela, Emmanuel Macron suggère de supprimer la cotisation sociale salariale d’assurance chômage (2,4% du salaire brut) compensée par une augmentation de la CSG. Selon l’entourage de l’ancien ministre de l’Economie, cette hausse de la CSG pourrait être de l’ordre de 1,7 point.

On notera que, curieusement, le candidat n’évoque pas la cotisation patronale d’assurance chômage (4%) qui resterait donc due, a priori.

La proposition d’Emmanuel Macron pose plusieurs questions et va nécessiter des clarifications car elle contient quelques contradictions.

Tout d’abord, Il va falloir que le candidat affine ses calculs sur le financement de son dispositif qu’il ouvre très largement à toutes les catégories de la population. En effet, actuellement, alors que seuls les salariés du privé sont concernés, l’assurance chômage représente déjà une dépense annuelle supérieure à 30 milliards d’euros. Ce coût sera donc mathématiquement supérieur si on ouvre le système à d’autres populations.

> Augmenter la CSG de 1,7 point peut se révéler un peu juste, sachant qu’un point de CSG représente environ 11 milliards d’euros. Sauf à admettre immédiatement que le nouveau système sera moins « généreux ». Emmanuel Macron, à ce stade, s’en garde bien…

Cela signifie en réalité la mort de l’assurance chômage telle qu’elle est conçue aujourd’hui, remplacée par une allocation chômage minimale universelle. En effet, vouloir financer les allocations chômage par l’impôt (en l’occurrence la CSG, considérée comme un impôt par le Conseil constitutionnel), c’est-à-dire par l’ensemble de la population, qui n’en bénéficierait pas toujours – les retraités et les fonctionnaires par exemple –, constituerait un bouleversement majeur.


Présentant sa proposition politique comme du pouvoir d’achat supplémentaire pour les salariés, le candidat « oublie » au passage d’en décrire les conséquences.

Quant aux montants des retraites, ils seraient dans l’état du programme Macron -du fait de l’augmentation du taux de prélèvements- une nouvelle fois diminués (… les retraités n’ont pas besoin d’autant pour vivre, n’ont plus de dépenses a leurs ages, ont un/des bas de laine … salopards de retraités … une ritournelle hélas trop rependue, synonyme de :  faut achever les vieux, vous rendez-vous compte on leur paie leur retraite et ils se plaignent !) … sauf qu’il aident plus que souvent, enfants et petits enfants dans le besoin par ces temps de chômages et de précarités et de difficultés a se loger. MC


Jean-Christophe Chanut, La Tribune, titre original « Pourquoi Macron veut « nationaliser » l’assurance chômage » (Extrait/synthése) Source