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Il est loin le temps où les caisses d’allocations familiales et d’assurance-maladie ne pratiquaient quasiment aucun contrôle. Au début des années 2000, les syndicats gestionnaires de la Sécurité sociale estimaient encore qu’elles devaient avant tout assurer la bonne exécution des droits des allocataires.

Vérifier que ces derniers ne fraudent pas, ou qu’ils ne bénéficient pas de prestations ou remboursements indus, est désormais une mission tout aussi prioritaire, et le bilan publié mercredi par la CNAF le confirme.

La branche famille a ainsi détecté près de 43.000 fraudes (fausses déclarations pour bénéficier du RSA…). Cela ne signifie pas que la fraude aurait été multipliée par dix, bien au contraire, mais que la traque devient de plus en plus sophistiquée et qu’elle porte logiquement ses fruits.

A l’instar des Urssaf sur la détection du travail illégal, les caisses d’allocations familiales perfectionnent les techniques de ciblage des cas suspects, croisent davantage leurs fichiers avec le fisc et les autres régimes sociaux, grâce à un arsenal législatif (amendes, répertoire commun, échanges d’informations, etc.) renforcé par les gouvernements successifs.

Via des contrôles aléatoires, la branche famille à une estimation 2% du taux de fraude. Les Urssaf, évaluent quant à elles à environ 2,5 % des montants. Bien évidemment c’est toujours de trop.

Conclusion : ces données viennent contredire les discours des responsables politiques qui font miroiter, via la lutte antifraude, des recettes mirobolantes et quasi immédiates par on ne sait quel coup de baguette magique. Par voie de conséquence, n’accordez aucune attention aux programmes des candidats inscrivant des montants inventés « à récupérer » des pseudos-fraudes, ce ne sont que des leurres destinés à berner l’électeur … mais par contre il faudra bien équilibrer les budgets !


Lefebvre Etienne, Les Echos – Titre original : « Fraude sociale : sortir des fantasmes », Source (Extrait–Synthèse)