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En France, la quasi-totalité des candidats déclarés à l’élection présidentielle a d’ores et déjà exprimé son opposition à son adoption.

Le seul qui est ouvertement pour

  • Emmanuel Macron (En marche !), (…) ce traité « améliore objectivement les choses dans notre relation commerciale avec le Canada ». (…)

Ceux qui sont ambigus

  • François Fillon (Les Républicains), Sa position n’est pas claire. (…) a répondu que le CETA était « un bon accord si les règles du jeu sont identiques, et respectées par tous. Malheureusement, ce n’est pas le cas […] ». (…)
  • Rama Yade (La France qui ose), (…) …pour le CETA (…) mais s’est dite hostile, sur la forme, aux traités développés dans le secret. (…)
  • Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), (…) ne fait pas du combat contre le CETA une priorité. (…) LO condamne les intérêts capitalistes protégés par ce traité, elle salue un cadre de discussion supra-étatique qu’elle préfère à la tentation du repli national.

Ceux qui sont contre

  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Le candidat de gauche est un opposant de longue date au CETA, (…). Il dénonce notamment l’insuffisante reconnaissance des indications géographiques protégées (IGP) européennes et le nivellement par le bas des normes environnementales.
  • Benoît Hamon (Parti socialiste), (…) s’oppose au CETA (…).
  • Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste), Ces accords « donnent les pleins pouvoirs aux multinationales », s’oppose au CETA (…)
  • Yannick Jadot (Europe écologie-Les Verts), (…) s’oppose au CETA (…)
  • Bastien Faudot (Mouvement républicain et citoyen), (…) contre le Tafta et contre le CETA.
  • Marine Le Pen (Front national), (…) s’oppose aussi bien au Tafta (Trans-Atlantic Free Trade Agreement) qu’au CETA,
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), s’oppose au CETA (…)
  • Jean Lassalle, s’oppose au CETA (…).
  • François Asselineau (Union populaire républicaine). Le CETA est l’un des exemples de la « dictature » de l’Union européenne aux yeux du candidat de l’UPR, parti souverainiste qui réclame la sortie de l’UE et de l’OTAN.
  • Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès), (…) s’oppose à un traité érigeant des tribunaux au-dessus de la loi des nations et confortant les puissances financières.

William Audureau – Le Monde – Les Décodeurs, Source (extrait)/Synthèse


Pour le quotidien l’Humanité

CETA. Entre les multinationales et les citoyens, le Parlement européen a choisi

Le vote en faveur du CETA a confirmé la domination, au sein du Parlement européen, des partisans d’une Europe libérale favorisant les multinationales au détriment de l’environnement, de la santé, des droits sociaux et de la transparence démocratique. Le ralliement d’une majorité de sociaux-démocrates à la droite libérale et conservatrice, a assuré la victoire du OUI.

(…) « Le CETA n’est pas un accord commercial, c’est un accord de libre-échange. » Sa particularité, ce n’est donc pas simplement de favoriser le commerce, c’est très particulièrement de lever toutes les barrières, tant tarifaires ( les taxes ) que non tarifaires ( les règlements, normes, etc.. ) entre l’Union européenne et le Canada. C’est ce qu’exigent d’ailleurs les grandes institutions financières internationales, à commencer par le FMI. En votant pour le CETA, les parlementaires européens leur ont simplement obéi.

Avec le CETA disparaîtront effectivement toutes les taxes appliquées à certains produits en situation de concurrence dominante, destinées à protéger les producteurs nationaux qui sans cela risqueraient d’être mis en difficulté ou de disparaître. Le CETA affaiblira aussi des normes réglementaires, notamment en matière d’environnement et de droits sociaux.

Il s’agit donc là de tout autre chose que d’un pur accord de commerce. Il s’agit de changer concrètement la façon dont les gens entendent vivre, dans quel type de société, et avec quelles règles démocratiques. (…)

(…) … des arguments fondés sur de multiples rapports, des enquêtes, et des analyses, prouvant que dans de nombreux domaines, le CETA allait avoir des effets désastreux. Ces rapports, réalisés sur plusieurs années, sont publics, tout le monde y a accès, tout le monde peut les contester, mais personne ne les a contredit jusqu’à maintenant. Se basant sur l’une de ces études, la députée italienne Eleonora Forenza (GUE-GVN) a par exemple rappelé, que 200.000 emplois seraient perdus en Europe à cause du CETA.

(…) Au final, le CETA est passé par 408 voix POUR, 254 CONTRE et 33 abstentions.


Jean-Jacques Régibier – Source (Extrait)