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Pas question de prendre OMO pour le blanchir, pourtant il est loin d’être exempt de taches.

Nous ne nous étendrons pas sur les nombreuses condamnations des divers chefs de ce parti politique et sa combinaison de satellites et mouvances « qui le bordent et le cadrent » dans une pénombre sentencieuse, pour le moment. MC


« Je note que c’est monsieur Fillon qui fait l’objet d’une enquête, et c’est moi qui suis accusée ! », se plaignait Marine Le Pen sur TF1, le 28 janvier 2017.

Interrogée ce jour-là sur les soupçons d’emploi fictif de ses assistants au Parlement européen, elle balaye le sujet en dénonçant à nouveau une « procédure inadmissible » et « politique ». « J’ai tout apporté, j’ai tout apporté [les justificatifs – ndlr] ! », évacue-t-elle.

Un document inédit, que Mediapart et Marianne révèlent (16/17 Fev 2017), ébranle sa défense : le rapport d’enquête de l’Office européen de lutte contre la fraude (OLAF).

(…) Ce document confidentiel de 28 pages passe au peigne fin la situation des douze assistants embauchés successivement par la présidente du FN à Strasbourg sous la précédente et l’actuelle mandature (2009 à 2014 et depuis 2014). Leurs contrats, rémunérations, fonctions.

Ce rapport a été transmis le 26 juillet 2016 à la justice française, qui enquête depuis mars 2015 sur des soupçons d’emploi fictif du Front national au Parlement européen. Dans la foulée, le parquet de Paris a élargi son enquête préliminaire à la période 2010-2016, puis ouvert, le 15 décembre dernier, une information judiciaire contre X pour « abus de confiance », « recel d’abus de confiance », « escroquerie en bande organisée », « faux et usage de faux » et « travail dissimulé ».

Les fonctionnaires de l’OLAF ont assisté les policiers français dans l’exploitation des données saisies dans le cadre des perquisitions.

(…) À l’origine de cette procédure administrative européenne, un courrier anonyme reçu par l’OLAF le 20 janvier 2014 et intitulé « Possible fraude au Parlement européen ». Cet « informateur » alerte l’organisme sur des « cas de conflits d’intérêts et d’emplois fictifs » présumés, et affirme que la présidente du FN « utiliserait l’enveloppe budgétaire destinée à rémunérer ses collaborateurs au Parlement européen pour payer des agents travaillant pour le Front national ». (…)

Thierry Légier, garde du corps. Ce gaillard d’un mètre quatre-vingt-dix, ancien parachutiste, est connu de tous les frontistes comme le garde du corps des Le Pen depuis 1992. (…). Mais Thierry Légier a aussi été, à deux reprises, rémunéré comme assistant européen « local » de Marine Le Pen sous la précédente mandature. Le premier contrat, entre septembre et décembre 2009, était un temps partiel de 12 heures par semaine, rémunéré 1 619,85 euros net par mois. Comment Thierry Légier pouvait-il être le garde du corps de Jean-Marie Le Pen – comme il le raconte dans un livre autobiographique – et en même temps l’assistant européen de Marine Le Pen ? (…)

Catherine Griset, cheffe de cabinet Vieille amie et ex-belle-sœur de Marine Le Pen, Catherine Griset est aussi son assistante depuis 1993. En février 2015, elle est devenue sa cheffe de cabinet, au siège du parti à Nanterre. Une promotion dont l’organigramme du Front national porte la trace. Parallèlement, cette quadragénaire a été salariée comme assistante « accréditée » de la présidente du FN au Parlement, à temps plein, du 1er décembre 2010 au 15 février 2016. (…) Catherine Griset devait pour ce poste travailler dans les murs de l’institution, entre Bruxelles et Strasbourg. Loin de Nanterre, donc. Dans son rapport, l’OLAF émet des « doutes quant à son activité réelle », en s’appuyant sur plusieurs éléments. Comme l’« adresse effective » de l’assistante. (…)

Lors de son entretien avec les fonctionnaires de l’OLAF, le 2 juillet 2015, Catherine Griset a reconnu « ne venir qu’un ou deux jours par mois » et « une fois par semaine en 2013 et 2014 ». Mais elle a fait valoir que son poste de cheffe de cabinet ne constituait « qu’un titre politique » et n’était « pas en conflit d’intérêts » avec celui d’assistante accréditée, « car il s’agissait d’un travail similaire effectué par la même personne ». (…)

Pour le gendarme européen, « en ne respectant pas ses obligations au niveau des activités réellement exercées et du fait de son absence quasi permanente de son lieu de travail, Mme Griset ne s’est pas acquittée de ses fonctions qui découlaient de contrat d’emploi passé avec le [Parlement européen] et n’a pas eu d’activité réelle d’assistant accrédité sur son lieu d’affectation ».

Selon l’Office antifraude, qui invoque l’article 314.1 du code pénal français, ces « irrégularités répétées » pourraient relever d’un possible abus de confiance. Une telle situation « pourrait présenter les caractéristiques d’un emploi fictif », conclut l’organisme. (…)

En attendant, la présidente du FN doit rembourser au Parlement européen les 340 000 euros correspondant aux salaires de Catherine Griset (298 392 euros) et Thierry Légier (41 554 euros). (…)


Turchi Marine, Médiapart – Titre original de l’article « Assistants au Parlement européen: le document qui accable Marine Le Pen » – Source (extrait) –Synthèse


Revenons sur la dernière démêlées entre l’organisation Européenne, l’eurodéputée, ses emplois fictifs payés par Bruxelles et dont la présidente aurait reconnu leurs exactitudes, après les avoir maintes fois déniées.

Mais il est « savoureux » de comparer le traitement et l’acharnement médiatiques de l’affaire de « Pénélopegate » et le peu de cas fait pour celui du Front National pourtant aussi critiquable juridiquement que moralement. Après cela qui parlera d’équité juridico-médiatique ?  MC