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Nouveaux témoignages, alors que l’exécutif tente d’éviter l’embrasement après l’affaire Théo D’autres policiers d’Aulnay mis en cause

L’affaire Théo, jeune noir  de 22 ans victime d’un viol présumé lors d’une interpellation le 2 février et toujours hospitalisé, a connu un nouveau développement hier. Un ami du jeune homme, Mohamed K. affirme que l’un des policiers impliqués dans l’interpellation violente de Théo l’a passé à tabac une semaine plus tôt. Après 24 heures en garde à vue, Mohamed K. s’était réveillé les yeux « si gonflés par les coups reçus » qu’il n’y voyait plus rien. Il s’était vu délivrer cinq jours d’ITT (Incapacité temporaire de travail). Une enquête préliminaire a aussitôt été ouverte par le parquet de Bobigny.

Cette enquête, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), devra « déterminer l’existence ou non de faits de violences volontaires commis par les fonctionnaires de police à l’occasion de l’interpellation ».

Par ailleurs, le commissaire à la tête du district d’Aulnay avait été condamné en 2008 par la justice pour non-empêchement d’un délit, a rappelé L’Humanité. En 2004, alors à la BAC (Brigade anti-criminalité) de Paris, il n’était pas intervenu auprès de ses hommes lors de l’interpellation d’un automobiliste en fuite, qui avait eu un cerceau d’enjoliveur placé entre les fesses par un policier.

Hollande condamne les violences

En marge de ces nouveaux éléments, le gouvernement a tenté, hier, sur le terrain, d’endiguer la vague d’incidents dans les banlieues. « On ne peut pas accepter, à cause d’un drame que j’ai moi-même dénoncé, qu’il dernière la casse », a lancé depuis Aubervilliers François Hollande, qui s’était rendu la semaine dernière au chevet de Théo. Il a condamné violences et dégradations. Le chef de l’État a également souhaité « que la justice passe ».

245 interpellations en région parisienne

En déplacement à la mi-journée à Sarcelles et Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a jugé, de son côté, que « ceux qui manifestent en cassant ne servent en rien les intérêts qu’ils prétendent mettre en avant ».

L’exécutif craint une multiplication des incidents dans les banlieues déshéritées, jusque-là pratiquement hors du champ des débats de la présidentielle.

Douze jours après le début de l’affaire Théo, 245 interpellations ont eu lieu en France, selon le ministère de l’Intérieur. Au moins 25 personnes ont encore été interpellées lundi soir en banlieue parisienne, dont 12 en Seine-Saint-Denis pour des jets de projectiles et d’engins incendiaires, 17, véhicules étant partis en flammes.


Paru dans « Le Dauphiné Libéré » du 15 fév. 2017 – Article non signé.