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C’est le grand chamboule tout !

C’est comme si on assistait à une révolte sourde et transversale, à une sorte de reprise en main par les bases électorales de leur destin, décidées à subvertir tous les scénarios préétablis.

De Sarkozy à Juppé, de Hollande à Valls, aucun de ceux qui ont à un moment tenu les rênes du pouvoir ne sera présent sur les bulletins de vote le 23 avril. Le signal est évident d’une aspiration au changement. Mais cette demande d’autre chose est loin d’être nourrie d’une claire conscience du chemin à emprunter et des choix à opérer pour que ce ne soit ni la déception ni la seule colère qui l’emporte.

> Plus que jamais, rien ne sert de plaquer sur les mois prochains un schéma rêvé. L’imprévu est de retour comme pour manifester une forme d’orgueil populaire. Il n’y a donc pas de raccourci possible à un processus de rencontres, de débats, pour une construction alternative lors des élections présidentielles et législatives.

> Sans cet effort, le risque est grand que la forme de changement qui l’emporte tourne le dos à une visée progressiste, démocratique et écologiste.

Plusieurs consultations en Europe et aux Etats-Unis montrent que le pire n’est plus très loin. Le brouillage organisé autour du prétendu « ni droite, ni gauche » auquel contribuent à leur façon l’extrême-droite et M. Macron, constitue un piège terrible pour celles et ceux qui ont tout intérêt au retour d’authentiques politiques de gauche.

> La politique résumée aux critères comptables de l’ordo-libéralisme allemand et bruxellois est une autre nasse. Qu’il s’agisse d’un choc ultralibéral imposé soit par M. Fillon ou par M. Macron, que ce soit la régénérescence du national-capitalisme de l’extrême droite, toutes ces politiques ne pourront qu’aggraver la situation de nos concitoyens.

Le soi-disant « réalisme » invoqué par François Fillon s’est fracassé sur la réalité (…) d’une opposition majoritaire et massive dans sa propre famille politique à une politique d’allégeance au patronat et d’exacerbation des thématiques identitaires.

Le réel qui s’est manifesté à cette occasion est celui du désir de gauche. Si le message ne peut que nous réjouir, nous ne nourrissons pas l’illusion qu’il serait majoritairement partagé dans le pays, (…) Tout indique que le PS et son candidat, n’est plus en mesure de porter seul, une dynamique politique à vocation majoritaire dans le pays. Il en est conscient puisqu’il a appelé au dialogue avec les autres candidats et forces de la gauche et de l’écologie. (…)

Un débat pourrait permettre de trouver des points de convergence (…) [pour un projet Reste :]

  • qu’il faudra s’attaquer à la mainmise de la finance sur l’économie et la production,
  • réorienter [pour partie] celle-ci afin de permettre la transition écologique,
  • changer de république à partir d’un processus constituant,
  • engager la refondation d’une Europe des peuples associés et solidaires.

Par-delà les démarches, les histoires, la manière d’être, la candidature de Jean-Luc Mélenchon nous apparaît [répondre à ces critères] dont a besoin le monde du travail et le peuple de gauche. (…)


Patrick Le Hyaric – Député GUE –Source