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Faute de programme qu’il promet pour dans une dizaine de jours, le candidat d‘« En marche » mouline ses mêmes propositions.

Il tourne, le moulin à vent …

Il y avait les raffarinades, ces formules au bon sens apparent masquant la vacuité du propos, il y a maintenant les macronades.

Invité de France inter, le candidat d’ En marche a expliqué que son « offre politique consiste à rassembler la social-démocratie, l’écologie réaliste et le gaullisme social ». « Pour être progressiste, il faut proposer un modèle dans lequel on produit avant de redistribuer », avance l’ancien ministre. Ou encore qu’il « ne faut pas aller à la confrontation avec l’Allemagne mais on peut aller à une certaine tension pour faire avancer des choses ».

Faute de programme à présenter encore -ce sera dans une dizaine de jours assure-t-il- a égrené une série de propositions économiques et fiscales Parmi elles, une «transformation du RSA pour accompagner le retour à l’activité», resucée d’un discours rôdé à droite voulant que l’allocation soit trop proche du SMIC pour inciter à travailler. « Ca, on va l’augmenter pour en gros 100 euros par mois pour quelqu’un qui est au Smic », a-t-il ajouté. Emmanuel Macron s’est inscrit dans les pas de Hollande et a rappelé qu’il souhaitait transformer le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en « allégement de charges durable », en dépit de son inefficacité sur l’emploi. Il a également rappelé qu’il souhaitait « supprimer la totalité des charges au niveau du Smic », mesure qui avait été prévue dans le cadre du Pacte de responsabilité en 2014.

L’ancien ministre de l’Économie a annoncé son intention de « réformer en profondeur » l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour en sortir la propriété d’entreprise ou d’actions, pour en faire un « impôt sur la rente immobilière », sans toucher à l’abattement sur la résidence principale, ni aux exonérations pour les œuvres d’art, niche utile pour milliardaires : la profondeur de la réforme est toute relative.

II a bien entendu défendu la libéralisation des lignes d’autocars, réforme «pas anecdotique et ça se substitue très marginalement au trafic ferroviaire». Un an après la libéralisation du marché des liaisons par autocar, 1430 emplois seulement ont été créés, contre 22.000 annoncés par la commission d’étude des effets de la loi Macron, en janvier 2015. Et les compagnies sont loin d’être rentables.

Interrogé sur les 35 heures, il a assuré qu’il ne proposait « pas des contrats différenciés par l’âge » et qu’il souhaitait conserver la durée légale du travail à 35 heures dans la loi, renvoyant « à l’accord de branche, l’accord d’entreprise la possibilité de négocier d’autres équilibres ».

Concernant les législatives, « la moitié au moins seront des nouveaux candidats, qui viennent de la société civile, qui viennent de la vie active », a-t-il déclaré, précisant 5 critères de sélection : le renouvellement, le pluralisme politique, la parité, l’absence de casier judiciaire et un engagement à voter les grands axes du programme, engagement en contradiction avec le mandat de député qui ne peut être impératif. 4000 demandes d’investitures sont parvenues, avec semble-t-il une sur-représentation d’hommes.

L’ancien pensionnaire de Bercy a également confirmé que l’ancienne secrétaire d’État aux Transports de Jacques Chirac, Anne-Marie Idrac, avait rejoint son mouvement, devenant la quatrième ancienne ministre de Chirac à le rejoindre. Du coup, Emmanuel Macron s’est évertué à relativiser le poids de ces anciens élus ou caciques du système, « reprenez ce que disait Alain Minc quand il soutenait Alain Juppé ou ce que disait parfois Jacques Attali (…) Qu’il y en ait de plus ou moins vocaux qui décident à un moment de changer d’avis et de me soutenir très bien, pour autant ils n’infléchissent pas ma ligne, (…) ils ne seront pas celles et ceux avec qui je gouvernerais », a-t-il assuré.

Le mouvement qui revendique 170 000 adhérents (on adhère gratuitement en ligne) devait installer les 9 membres de la commission qui investira ses candidats aux législatives. « Je n’en ferai pas partie » a-t-il assuré. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne s’en mêlera pas.

Plutôt prudent sur le cas de François Fillon, exprimant qu’il « doit pouvoir s’expliquer devant les Français. Il faut le laisser faire cela », il déclare ne pas vivre de l’argent public, « seulement de ses droits d’auteur » de son livre Révolution, paru le 24 novembre. Ce qui est un peu court, puisqu’il perçoit jusqu’en février une indemnité de cessation de fonction de ministre, pendant les six mois qui suivent leur départ, et égale au traitement touché pendant leur mission, soit environ 14.000 euros brut.


Lionel Venturini – Source