Mots-clefs

, , , ,

D’un côté, les discours protectionnistes se multiplient, à commencer par celui du nouveau président des États-Unis. Mais, d’un autre côté, le président chinois vient au forum de Davos pour plaider en faveur du libre-échange et de la mondialisation !

Les données montrent clairement que le commerce international a connu une forte décélération avec la crise. De 1980 à 2007, il croissait deux fois plus vite que le PIB mondial.

Depuis 2007, les échanges internationaux augmentent au même rythme que la croissance mondiale, qui s’est elle-même fortement réduite. Cette inflexion du commerce mondial a des causes structurelles. 60 % du commerce correspond à des échanges au sein des groupes multinationaux.

Face à la hausse des coûts de transport et des salaires dans les pays émergents, les firmes transnationales ont commencé à remettre en cause la délocalisation de leur production. Ce dont il faut évidemment se réjouir, pour des raisons sociales et écologiques.

Mais le recul des échanges est encore plus spectaculaire du côté de la finance internationale.

La crise des subprimes semble avoir calmé l’ardeur des investisseurs financiers. Depuis 2006, le poids des mouvements de capitaux a été divisé par dix ! Les principales catégories de mouvements de capitaux sont en recul. Les investissements directs, vecteurs des opérations de délocalisation, ont chuté. L’essentiel du ralentissement provient de la baisse des prêts entre banques, c’est-à-dire d’opérations transfrontières financières de nature largement spéculative. Là aussi, on ne peut qu’applaudir.

Ces évolutions reflètent des changements en profondeur dans le capitalisme mondialisé.


Extrait d’un article de Dominique Plihon (ATTAC) – Titre « Quelle (de) mondialisation » – Source