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L’ancien PDG d’ExxonMobil comme secrétaire d’État, le très controversé Jeff Sessions à la Justice et un patron de fast-foods au ministère du Travail : ces trois noms sont peut-être les plus effrayants du futur cabinet de Donald Trump, estime le site Fusion. 

La composition du cabinet de Donald Trump est vraiment sans précédent, tant par l’incroyable manque d’expérience gouvernementale de ses membres que par l’influence de la famille Trump sur leur sélection. Voici trois des nominations les plus dangereuses.

  • Rex Tillerson, un secrétaire d’État sous influence

(…) L’accusation la plus fréquente lancée contre Tillerson est d’avoir entretenu, en tant que patron de cette multinationale, des liens amicaux étroits avec le président russe Vladimir Poutine, au point que ce dernier lui a remis l’ordre de l’Amitié en 2013. (…) Au moment où les services de renseignements américains accusent Moscou d’ingérence dans les élections, on comprend aisément pourquoi sa nomination à la tête de la diplomatie américaine irrite tant de monde.

(…) … son aspect le plus effrayant. La politique qu’il a menée à la tête d’ExxonMobil allait directement à l’encontre de celle de la Maison-Blanche, parfois au détriment de certains des peuples les plus pauvres du monde.

Au milieu des années 2000, quand le dictateur qui contrôlait alors le Tchad [Idriss Déby] a commencé à utiliser les revenus du pétrole pour affermir son pouvoir et renforcer son armée, les États-Unis se sont retirés d’un accord international visant à aider le pays à exploiter ses ressources pétrolières. (…)

Rex Tillerson était à la fois président et de directeur d’Exxon, dont le PDG était Lee Raymond, ils conclurent un accord avec le dirigeant tchadien et continué pendant des années à financer l’expansion militaire de cet État pétrolier. (…)

  • Jeff Sessions, un faucon au ministère de la Justice

Quand Trump a choisi Jeff Sessions pour exercer ces fonctions, les médias se sont empressés de rappeler son passé sulfureux. (…) En 2009, il s’est opposé à la promulgation de la loi qui étendait les mesures de protection contre les crimes de haine aux crimes racistes et créait de nouvelles catégories pour les crimes motivés par l’orientation sexuelle, le genre ou le handicap. Sous la présidence de Trump, il sera confronté à une nouvelle ère de crimes de haine et détiendra l’autorité suprême sur les poursuites à engager. S’il choisit de ne pas intervenir, il risque de pousser à l’action les nombreux groupes incitant à la haine raciale qui recrutent à tour de bras depuis l’élection de Trump.

Sessions aura également les pleins pouvoirs sur les poursuites fédérales menées dans le cadre de la loi sur le droit de vote [de 1965, qui protège notamment le droit de vote des Noirs]. En tant que procureur fédéral, il s’est montré ouvertement hostile à ce sujet, jugeant “trop interventionniste” la loi en la matière.

La présence de Sessions à la tête du ministère de la Justice pourrait également créer une grande confusion dans les États qui ont légalisé l’usage du cannabis à des fins médicales ou récréatives, si les directives du gouvernement Obama sur l’application de la loi venaient à être modifiées. (…)

  • Andy Puzder, un patron au Travail

Le ministre du Travail occupe une position moins en vue, mais possède d’immenses pouvoirs à une époque où les disparités de revenus se creusent de plus en plus. Et l’homme que Trump a choisi pour diriger ce ministère semble prêt à en faire le pire usage qui soit.

Andy Puzder est le PDG du groupe de restauration rapide CKE. Il est la caricature du patron exécrable : il s’oppose à une augmentation du salaire minimum, même s’il gagne en un jour davantage que ses salariés les moins payés en un an. Il veut remplacer les salariés payés au salaire minimum par des machines, au motif qu’elles “sont toujours polies, accroissent les ventes, ne prennent jamais de congés, n’arrivent jamais en retard (…) et n’engagent jamais de poursuites pour discrimination”. Il a également défendu les publicités sexistes pour les hamburgers vendus dans ses restaurants en disant : “J’aime les belles femmes qui mangent des hamburgers en bikini. Je pense que c’est très américain.”(…)

Andrew Joyce Lire l’article original – Lu dans Courrier International – Source


  • Tom Price – L’anti : IVG et Obamacare.

Donald Trump, le président élu, vient de nommer Tom Price comme ministre de la Santé. Price est un républicain anti-avortement et un farouche opposant à l’Obamacare, le système d’assurance maladie mis en place par Barack Obama.

« Il est exceptionnellement qualifié pour mener à bien notre engagement d’abroger et de remplacer Obamacare afin de donner à tous les Américains une couverture santé abordable et accessible », a déclaré Donald Trump, cité dans un communiqué. « Il y a beaucoup à faire pour s’assurer que nous avons un système de santé qui fonctionne pour les patients, les familles et les médecins », a assuré Tom Price, âgé de 62 ans, selon le communiqué. Le républicain siège pour la Géorgie (Sud-Est) à la Chambre des représentants depuis 2004. Il a travaillé pendant 20 ans dans le secteur privé comme chirurgien orthopédique.