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Une consommation qui varie sans cesse

Si la consommation totale d’électricité fluctue à chaque instant en fonction de celle de chacun des consommateurs, on distingue des périodes dans l’année et des moments dans la journée où, en raison de l’activité économique et des conditions météorologiques, elle est plus importante. Chauffage électrique oblige, l’hiver est la saison où la consommation est la plus forte, tandis que, dans la journée, il s’agit des tranches 8 – 13 heures et 18 – 22 heures avec un pic, « une pointe » dans le jargon de l’électricité, entre 19 et 20 heures. Autrement dit, les records de consommation ont généralement lieu en soirée lors des mois les plus froids, c’est-à-dire en janvier ou en février. (…)

RTE a placé l’hiver 2016-2017 « sous le signe d’une forte vigilance ». (…)

Un recul des capacités de production

Une disponibilité moindre de l’offre de production (…) … l’ASN a demandé l’arrêt de 18 réacteurs. Six ont déjà redémarré. Sept autres viennent de recevoir le feu vert et devraient être remis en service à la fin du mois et cinq seront prochainement stoppés.

Cette indisponibilité du parc nucléaire est pénalisante, car elle se conjugue avec une baisse de 1.200 mégawatts de la capacité de production du thermique à flamme. L’ouverture à la concurrence du marché en 2007 a déstabilisé les prix qui ont chuté, poussant les producteurs à fermer leurs centrales peu rentables. (…)

L’éolien et le solaire inadaptés aux pics de consommation

(…) Le rendement d’une éolienne peut varier de façon aussi imprévisible qu’instantanée, entraînant des fluctuations importantes de production à la hausse ou à la baisse. Plus gênant encore, l’éolien et le solaire risquent de n’être d’aucun secours pour affronter le pic de consommation, puisque celui-ci a lieu après 20 heures à la nuit tombée et que les records de froid sont généralement atteints en l’absence de vent.

Une capacité d’importation limitée

Pour pallier la faiblesse de l’offre de production en cas de forte consommation, RTE mise essentiellement sur les importations d’électricité. (…) Au cas où les importations ne suffiraient pas à équilibrer la production et la consommation, RTE peut agir sur le niveau de la demande. Des industriels et des particuliers ont conclu des contrats d’approvisionnement dit « d’effacement » qui, souvent en échange de prix attractifs, les engagent à diminuer leur consommation temporairement. Le volume d’effacement est d’environ 3 gigawatts mais, là encore, rien n’indique que ce maximum pourrait être atteint. À défaut, pour éviter la coupure, RTE pourrait réduire la tension de 5 %, ce qui ferait baisser la consommation d’environ 4 gigawatts. Autrement dit, RTE pourrait baisser le chauffage électrique chez vous sans vous demander votre avis. Et si cela ne suffisait pas, alors RTE n’aurait pas d’autre choix que de procéder à des coupures tournantes de quelques heures pour éviter le black-out. Les métros ou les tramways pourraient cesser de circuler quelques heures par jour et les salariés être condamnés au chômage technique faute d’électricité pour faire tourner les entreprises. (…)


Pierre-Henri Lab – Hebdomadaire H D –source (extrait)