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Jusqu’où les banques sont-elles mouillées dans l’huile de palme frelatée ?

Greenpeace publie (20 Janv. 2017) un rapport visant à éclairer la question. Et sa réponse est cinglante : si des industriels voyous continuent d’exploiter des forêts au mépris de toutes les règles de durabilité, c’est bien parce que, en amont, des banques les soutiennent.

Parmi elles, HSBC, (…). Or, poursuit Greenpeace, la politique environnementale d’HSBC a beau bien présenter, la banque maintien des liens financiers avec des groupes dont les activités sont loin d’être durables. « Depuis 2012, HSBC a ainsi participé au montage de prêts et d’autres facilités de crédit pour un montant total de 15,38 milliards d’euros, ainsi qu’à la souscription d’obligations à hauteur de près de 1,89 milliard d’euros en faveur de six entreprises » que Greenpeace identifie comme impliquées dans des pratiques environnementalement criminelles.

De quel crime parle-t-on ?

D’une déforestation massive, d’abord, à laquelle l’industrie de l’huile de palme contribue en phagocytant les milieux naturels pour développer sa monoculture. En vingt ans, « des millions d’hectares (de forêts et de tourbières) ont été détruits au bénéfice de la pulpe de palme », rappelle Greenpeace, insistant sur le cas de la forêt indonésienne. La biodiversité en a souffert, singulièrement l’orang-outan de Bornéo, désormais classé au nombre des espèces en « danger critique ».(…)

Bumitama Agri, a « rasé plus de 160 000 hectares de forêts »

Parmi les entreprises incriminées, Greenpeace site en premier lieu Bumitama Agri, qui, selon l’ONG, a « rasé plus de 160 000 hectares de forêts » sur l’île de Sumatra au cours des dix dernières années afin d’y aménager ses palmeraies. Or, « HSBC a participé au montage financier de deux prêts accordés à cette entreprise, pour un montant de 179 millions d’euros », dénonce l’organisation.

Autre cas cité dans le rapport : celui de Goodhope Asia Holdings, contre laquelle des communautés locales avaient porté plainte, l’accusant d’accaparement de terres et de destruction de forêts dans la province indonésienne de Papouasie. « HSBC est impliquée dans le consortium bancaire qui, en 2014, avait accordé trois prêts à l’entreprise pour un montant total de 377 millions d’euros », affirme Greenpeace. Son rapport déroule ainsi six exemples d’entreprises douteuses soutenues de près ou de loin par la banque.

« HSBC ne fournit pas sciemment de services financiers qui soutiennent directement les sociétés produisant, transformant ou distribuant de l’huile de palme et qui ne respectent pas notre politique », plaidait, hier, cette dernière dans un communiqué officiel, affirmant ne pas avoir « connaissance de cas actuels où des clients seraient présumés fonctionner en dehors de (notre) politique en matière de financements et où nous n’aurions pas pris ou ne prendrions pas les mesures appropriées ».


Marie-Noëlle Bertrand-Source (extrait)