Étiquettes

, , ,

Retranchés derrière les murs rouges de leur complexe de Zhongnanhai, les dirigeants chinois ne cessent de fulminer depuis l’élection de Donald Trump.

À une semaine de son entrée à la Maison-Blanche, son Administration est encore montée d’un cran, entamant un jeu dangereux avec Pékin.

Pour ses premiers pas diplomatiques, Rex Tillerson, le futur secrétaire d’État, s’est montré encore plus agressif que le président élu avec le géant asiatique en évoquant les conflits territoriaux en mer de Chine du Sud. « Nous allons devoir envoyer un signal clair à la Chine, pour lui signifier que les constructions sur les îles (contestées) doivent cesser, et ensuite, que son accès à ces îles ne sera plus permis », a affirmé mercredi l’ancien patron devant le Sénat américain.

Peu soucieux de ménager la susceptibilité chinoise, l’ex-PDG du groupe pétrolier Exxon Mobil juge que construire des îles artificielles « et ensuite installer des équipements militaires sur ces îles, c’est la même chose que la prise de la Crimée par la Russie ». La Chine mène des travaux de « remblaiement » pour agrandir des îlots et récifs disputés et y construit des installations portuaires, des phares, des pistes d’atterrissage ou des infrastructures militaires, selon le Pentagone.

Pékin, qui justifie le droit d’édifier des « équipements de défense », revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale. Mais les Philippines, le Vietnam, Brunei, la Malaisie et Taïwan lui disputent la souveraineté dans l’archipel des Spratleys et dans les Paracels. La zone est d’autant plus stratégique qu’elle regorge d’hydrocarbures et que 5 000 milliards de dollars de marchandises y transitent chaque année.

Se disant « extrêmement inquiet », Rex Tillerson a critiqué « l’échec de la réponse », jugée trop permissive, de Barack Obama. Remise en cause du principe de la « Chine unique » Ces déclarations musclées visent à marquer une rupture, alors que le président démocrate avait voulu faire du « pivot » vers l’Asie du Sud-Est le cœur de sa politique étrangère. Mais à défaut de redéployer réellement les moyens américains dans la région, Washington a offert un prétexte à la Chine pour renforcer sa présence dans cet espace maritime contesté.

Barack Obama avait mené des patrouilles pour garantir une libre circulation dans ces eaux internationales et tenter de contenir les ambitions chinoises. En menaçant de déloger l’empire du Milieu de son arrière-cour, Tillerson prend le risque d’une dangereuse escalade.  (…)


Pluyette Cyrille, Le Figaro – Source (Extrait)