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Dans cette pépinière gauchère ou toutes les plantations espèrent atteindre le soleil, il faudrait sortir un bouleau qui amalgamerait toutes les bonnes idées sociales qui permettraient de concevoir un avenir plus équitable de la société française.

Bien malin celui qui aujourd’hui saurait mettre un nom sur cette personnalité qui, de plus, pourrait partir à égalité de chances lors du dernier round, pour l’investiture présidentielle face à une Marine ou un François.

Benoît Hamon a bien des idées à opposer, mais … a-t-il le charisme nécessaire ? MC


Benoît Hamon, l’homme que personne n’attendait

(…) Le 8 décembre 2016 sur France 2, (…) Benoît Hamon a déroulé un programme à gauche toute (…) face à Léa Salamé et David Pujadas. … a unanimement convaincu. “L’émission a été peu regardée, mais nous n’avons jamais eu autant de messages positifs sur les réseaux sociaux, commente un journaliste de l’émission. C’est un miracle. On n’avait pas connu ça depuis le passage de François Fillon.” [Son duel face au jeune maire FN de Beaucaire a marqué les esprits] et renvoyé un lobbyiste de l’industrie chimique à ses études. (…)

Faire son trou

[C’est en 1993 que Benoît Hamon endosse une première responsabilité.] (…) les dirigeants des clubs Forum décident de lui donner la présidence du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), à l’époque sous la tutelle du PS – un hochet à peine masqué. Mais un hasard historique en a fait sa rampe de lancement. La scène a lieu (…) au sous-sol de Solférino. De jeunes socialistes enhardis y ont convoqué la direction nationale du mouvement, pour autoproclamer [l’] autonomie [du MJS]. (…)

La lente construction d’un réseau de fidèles

(…) … quelques mois plus tard, (…), Michel Rocard devient premier secrétaire du PS, ce qui change opportunément la donne. Benoît Hamon rend promptement visite [à M. Rocard et se débrouille pour faire acté l’indépendance du MJS]. … les adhésions affluent et [assure à B. Hamon une] mainmise sur le MJS (…) encore évidente aujourd’hui. (…)

Comme son maître en 1993 (M Rocard), qui promettait un “big bang” à l’intérieur du parti, Hamon rejoint un groupe de rénovateurs de sa génération – Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Julien Dray – qui lancent le Nouveau Parti socialiste (NPS). (…)

Positionnement

(…) Mais ses qualités ne suffisent pas à empêcher le duel fratricide entre Martine Aubry et Ségolène Royal pour le poste de premier secrétaire. (…), Benoît Hamon, arrivé troisième de cette élection avec 22,6 %, est donc en position de jouer les faiseurs de reine. Le soir du premier tour, il appelle à voter “massivement” pour Martine Aubry. Installée à Solférino, la maire de Lille le récompense en le nommant au poste convoité de porte-parole du parti.

A la suite de l’élection de François Hollande à l’Elysée en 2012, Benoît Hamon accepte de laisser son courant en jachère pour entrer au gouvernement.

Numéro 4 du gouvernement en temps que ministre de l’Education

Après avoir fait ses armes comme ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire et à la Consommation, il scelle une alliance avec Arnaud Montebourg et Manuel Valls pour faire tomber Jean-Marc Ayrault. Ce pacte faustien permet à Valls d’atterrir à Matignon, [Hamon va à l’Education en remerciements sans aucun doute- MC] (…)

La fin de l’aventure ministérielle

“Mes grands-parents étaient mécanos et paysans. Mon père a commencé apprenti ouvrier à l’arsenal et a gravi tous les échelons pour finir ingénieur-technicien, le top de ce qu’il pouvait espérer. Et je me retrouve ministre de l’Éducation, c’est incroyable d’en arriver là”, confie-t-il. … Hamon tente dans un premier temps de se consacrer entièrement à son poste sans trop se soucier de la politique libérale menée à Matignon. Un pari schizophrène. (…)

Le 25 août 2014 marque la fin de son hémiplégie politique. Cent quarante jours à peine après avoir été nommé, Benoît Hamon quitte son poste de ministre (…)

La bataille de l’aile gauche du PS

Aujourd’hui, [A. Montebourg et B. Hamon] se disputent la place de héraut de la gauche du PS mais aussi celle de challenger face à un M. Valls (…)

Une semaine après sa prestation (…) un sondage Harris Interactive révélait que 63 % des sympathisants de gauche avaient été convaincus par sa performance, contre seulement 51 % pour A. Montebourg, (…)


Par David Doucet, Julien Rebucci, Mathieu Dejean  – Les Inrocks  (extrait)