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Si en plus c’est les Echos qui l’affirme … Dans cette campagne présidentielle, il est décidément de bon ton de noircir le tableau.

 Le quinquennat qui s’achève ne se conclut pas par une réussite notable en matière économique et c’est un doux euphémisme que de l’écrire. La droite en profite pour taper sur le bilan de François Hollande, que son ancien premier ministre, Manuel Valls, doit désormais défendre dans la primaire de la gauche.

Ce qui a poussé Benoit Apparu, porte-parole de François Fillon, a déclarer sur France Inter mercredi que « ce qui est dur aujourd’hui, c’est la réalité française, (…) c’est 14 % des Français sous le seuil de pauvreté, record absolu dans l’histoire de la France ».

Raté. C’est faux.

Un simple coup d’œil au site Internet de l’Insee permet de s’en apercevoir.

La notion de taux de pauvreté telle que définie par les économistes et les statisticiens est relative. il s’agit de la proportion de la population dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian de la population, c’est à dire le niveau qui partage la population en deux, la première moitié vivant avec plus et la seconde avec moins.

Ainsi, en 2014, le seuil de pauvreté pour une personne seule en France était de 1.000 euros par mois. Et, cette année-là, 14,1% de la population hexagonale vivait bien sous le seuil de pauvreté, comme l’a indiqué Benoît Hamon.

Pour 2015, l’Insee a publié une première estimation qui n’est pas définitive : . Le hic dans les propos de Benoît Apparu, c’est que, en 2011, lorsque François Fillon était Premier Ministre, le taux de pauvreté était de 14,3 %.

En 1996, sous le gouvernement d’Alain Juppé, il était de 14,5 %, en 1975, de 16,6 % et pire, sous les Trente glorieuses, cette époque bénie de l’histoire de France, à en croire beaucoup, il était en fait plus élevé qu’aujourd’hui.

En 1970, 17,9 % de la population française vivait sous le seuil de pauvreté. Georges Pompidou, celui qui voulait qu’on « arrête d’emmerder les Français », était alors Président de la République.

Bref, personne n’ose affirmer ici que tout est rose sur le plan économique dans l’Hexagone mais rien non plus de permet aux hommes politiques d’affirmer que le pays n’est jamais tombé aussi bas.


Guillaume de Calignon, Les Echos – Titre original « Le taux de pauvreté est-il à un record absolu ? » Source (Extrait)