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(…) La longue séquence électorale du printemps (présidentielle et législatives, de la fin avril jusqu’à la mi-juin) donnera à la France son cadre politique pour cinq ans. (…)

  1. Marine Le Pen peut-elle [s’imposer]?

(…) … sa stratégie de « dédiabolisation » ne lui a pas permis (…) de franchir la barre des 50% pour conquérir un grand exécutif. (…) De même, si les sondages placent souvent Marine Le Pen (*1) en tête au premier tour de la présidentielle, ils annoncent toujours sa défaite au second. Aussi mise-t-elle sur une campagne moins clivante (sous le slogan bateau : « Au nom du peuple ») et le recrutement d’experts pour être moins anxiogène. Avec le risque de décevoir un électorat mobilisé (…) et de laisser s’installer les divisions au sein de son parti. (…)

(*1) juste une question qui semble essentielle, Marine Le Pen peut-elle être élu simplement sur le rejet d’une société instituée par le libéralisme, vecteur d’austérité mit en place depuis plusieurs décennies et dans le même temps gagner assez d’élus à la chambre pour imposer un programme. Enfin quel est le programme du FN qu’il entend mettre en place contre cette société inégalitaire, délocalisante, ne proposant que la précarité, etc. MC

  1. François Fillon peut-il être élu sans renier son programme?

Triomphateur de la primaire de droite (*2), il entamera l’année en position de favori. Mais la campagne sera longue et ses adversaires vont concentrer sur lui leurs attaques. Plusieurs points de son projet (Clic) font l’objet de contestations et/ou d’incompréhensions (…) S’il veut rassembler l’électorat traditionnel de la droite, ménager les centristes et attirer les classes populaires, le tout sans braquer les syndicats, Fillon devra se raviser sans se renier. Durant la primaire, sa promesse d’une rupture radicale a été un moteur ; elle peut devenir un piège.

(*2) Si François Fillon a gagné la primaire de la droite il est faux de dire qu’il sera le seul candidat de cette droite dure à se présenter aux élections. Quel score feront les : Michèle Alliot-Marie, Nicolas Dupont-Aignan, etc. ne seront-ils ou ne sont-ils candidats que pour constituer une réserve de voix pour le second tour ? MC

  1. Emmanuel Macron peut-il révolutionner la vie politique?

(…) … son calcul est à la fois ambitieux et simple : si la primaire de janvier ringardise le PS et accouche d’un candidat peu légitime, un boulevard s’ouvrira devant lui (…) Sauf que son hostilité affichée au PS, si elle lui permet de surfer sur le discrédit des partis, lui interdit de se poser en rassembleur de la gauche (*3) – dans ces conditions, comment accéder au second tour? (…)

(*3) En ne voulant pas intégrer la primaire du PS, Macron contribue à la division de la gauche (si tant est qu’il fut de gauche un jour) à moins qu’il ne soit une réserve de voix, lui aussi, pour un candidat de droite au second tour ! MC

  1. La gauche peut-elle se recomposer sans se décomposer? (*4)

Sur le papier, (…) Macron, Mélenchon et le futur vainqueur de la primaire socialiste, vont s’affronter, trois gauches quasi égales autour de 15% dans la plupart des sondages – mais que valent les sondages aujourd’hui ?

(…) … la campagne va souligner leurs différences et [si un représentant de la gauche n’était pas présent au second tour], s’ouvrirait alors une longue parenthèse dans l’histoire de la gauche (…), une parenthèse désenchantée.

(*4) dans cet alignement de candidatures à gauche, il ne faudrait pas oublier : les écologistes, NPA, LCR et quelques radicaux de gauche. MC

  1. Le nouveau président pourra-t-il réformer?

Tous les principaux candidats à la présidentielle (Valls mis à part) portent un programme de réformes radical – Le Pen sur l’Europe et l’immigration, Fillon sur le droit du travail, Macron sur l’économie, Montebourg sur les aides aux PME françaises, Hamon sur le revenu universel, Mélenchon sur la fiscalité. Celui qui sera élu pourra-t-il l’appliquer ? (…) Les manifestations contre la loi travail, au printemps, ont sonné comme un avertissement. (…)

  1. Quel avenir pour François Hollande et Nicolas Sarkozy ? (*5)

(…) Outre qu’il devra se défendre devant la justice dans plusieurs affaires, Sarkozy devrait poursuivre son activité de conférencier international (…). Comme lui, Hollande ne compte pas siéger au Conseil constitutionnel, (…). Son entourage laisse entendre qu’il serait intéressé par une fonction internationale mais peu de postes peuvent échoir à un ancien chef d’État.

(*5) Franchement, ce dernier point était-il essentiel a traiter dans un article ? Qui va s’intéresser à l’avenir de ces ex-président de la république dont les problèmes de retraite sont assurés, rassurez-vous ils n’iront pas a la soupe populaire ! MC


Gattegno Hervé, Journal du Dimanche – Titre original « 2017, l’année présidentielle en six questions » – Source (Extrait)