Étiquettes

, , , ,

Pierre Gattaz n’hésite pas  « Quatre réformes pour le plein-emploi » telles sont ses propositions (ses exigences pourrait-on dire) suggérées à la veille d’annonces des programmes des candidats à la présidentielle. MC

Pierre Gattaz – Comme président du Medef, je me déplace beaucoup en France et à l’international. J’aime particulièrement aller à la rencontre des entrepreneurs de terrain, ces chefs d’entreprise de TPE, PME et ETI qui font la richesse et la force productive de notre pays. À toutes et à tous, je pose à chaque fois la même question: «Pourquoi n’embauchez-vous pas davantage?»

(…). Beaucoup me disent: «Je ne peux pas embaucher car je n’ai pas les marges, ça coûte trop cher en charges.» Certains ajoutent: «Je ne peux pas embaucher car j’ai peur de ce qui va se passer si le marché se retourne», «Notre droit du travail est trop rigide», «Notre législation est trop complexe», «Je passerais un seuil et c’est trop compliqué» ou «J’ai eu des salariés et j’ai fini condamné aux prud’hommes parce que j’avais oublié de mettre la date sur mon courrier de licenciement, alors maintenant…».

Quand ils ont les marges et qu’ils dépassent leur peur de l’embauche, d’autres me soutiennent que: «Je ne peux pas embaucher parce qu’il faut que j’agrandisse mon usine ou mon entrepôt. Ça fait douze mois que j’attends les autorisations, alors pour ne pas perdre de commande, je vais plutôt agrandir mon usine à l’étranger. En France, tout est trop long, et complexe.»

Et enfin, quand on a toutes les conditions, on me dit encore: «Je ne peux pas embaucher car je ne trouve pas les qualifications recherchées.» Voilà, tout est dit.

Si on veut relancer une véritable politique en faveur de l’emploi, il faut écouter ceux qui peuvent créer de l’emploi sur le terrain, les chefs d’entreprise. Et de cela, tirer les réformes à mener. Quelles sont-elles?

La première des réformes

  1. la fiscalité française qui doit devenir simple, compétitive, incitative (à l’investissement et au financement des entreprises), et enfin stable dans le temps.
  2. Il faut redonner aux entreprises françaises la capacité à investir et à se développer, donc encore améliorer les marges. Les marges des entreprises françaises sont à 32 % contre 39 % en moyenne en Europe.
  3. il faut baisser de 90 milliards les taxes et les cotisations sur les cinq ans du prochain quinquennat tout en diminuant en parallèle les dépenses publiques, (…).

La seconde

  1. est celle de la législation sociale et du marché du travail. D’abord en permettant aux entreprises de s’adapter par un dialogue social simple et direct, de terrain, d’adaptation et de croissance. Cessons ce formalisme absurde et rigide qui amène jusqu’à quatre instances de représentation du personnel en parallèle, des contraintes inadaptées et une politisation des rapports sociaux. Bien entendu, pour que ce dialogue devienne enfin réel et efficace, notre législation du travail doit elle aussi devenir simple, compétitive, incitative à l’embauche et au développement, et stable dans le temps. Favorisons les outils et idées simples, là encore sans formalisme excessif, et plafonnons tout ce qui doit l’être pour éviter que les décisions de justice déstabilisent l’entreprise.

La troisième

  1. est celle de notre environnement législatif, réglementaire et normatif en se fixant des règles de fonctionnement claires: par exemple, la nécessité de supprimer deux textes de loi avant d’en voter un nouveau (ce que font les Anglais) ou en adoptant des lois et règlements à durée déterminée (par exemple, cinq ans, ce que font les Canadiens)… En tous les cas, tirons le bilan des actions de ces dernières années: en voulant simplifier à la marge, ou progressivement, on se retrouve très vite bloqués, malgré toute la bonne volonté des acteurs. Alors, soyons innovants et disruptifs. Soyons surtout d’une volonté de fer et d’une extrême ténacité dans ce domaine.

La quatrième

  1. est celle de la formation et l’éducation. Fixons-nous comme objectif que 100 % des élèves doivent quitter leur cursus scolaire en étant «citoyens et employables». Cela nécessite évidemment de mettre la priorité sur le primaire, mais surtout de changer notre manière de procéder: faisons confiance aux enseignants, donnons de l’autonomie aux établissements, réformons l’orientation pour qu’elle intègre mieux les métiers et leurs évolutions, et faisons enfin de la formation professionnelle, dont l’apprentissage, la voie d’excellence qu’elle devrait être.

Voilà les quatre blocs de réformes (fiscalité, marché du travail, simplification, éducation) qu’il faut mener rapidement et courageusement, ce qui permettra à nos entreprises de retrouver rapidement les chemins de l’investissement et donc de la croissance et de l’emploi.

Mais il reste une condition. Plus compliquée, mais ô combien nécessaire. Celle de la confiance. Car aucun homme ou femme politique ne peut désormais espérer réussir à redresser la France économiquement s’il n’a pas la confiance des chefs d’entreprise et des entrepreneurs. Et cette confiance, elle se gagnera dans les faits, sur les actes, dans le quotidien, par la cohérence des propos et des actes, par l’ambition des réformes promises et la réalité de celles mises en œuvre. Elle n’est acquise pour personne et devra se mériter.


Le Figaro – Titre original « «Quatre réformes pour le plein-emploi » – Source (Extrait)


Chaque lectrice ou/et lecteur aura son avis personnel sur cet article. C’est sans doute par le plus grand des hasards que cet article écrit par Pierre Gattaz est publié dans « le Figaro » et non dans « l’humanité ».

Il est vrai que ce sont « les patrons » hors les services publics, qui peuvent créer des emplois. De là à leur donner tous pouvoirs… A noter qu’il manque une revendication importante : le droit officiel de cuissage.

Oui, je force trait. Oui, je comprends les personnes dans la nécessité absolue de travailler, accepter, acceptant des conditions autrefois inacceptables, précaires, dégradantes, sous-payés, corvéables à merci, qui trop content de retrouver un peu de dignité dans le travail et auprès de leur famille, amis, voisins, cautionnent par nécessité, une dégradation de la société.

Le petit bonhomme Gattaz, tout comme ses prédécesseurs, oublie volontairement de citer les grands décalages salariales dans les entreprises, devient amnésique en ne citant pas « certains » dirigeants n’ayant pas rempli suffisamment les poches des actionnaires, licenciées avec des pactoles inimaginables qu’aucun salarié ne toucherait tout au long de son activité professionnelle, tout comme sont oubliées les nombreuses délocalisations pour raisons fiscales et/ou embauche de salariés à peu, voire pas de charges sociales.

Ne pas parler de sujets pouvant fâcher évitent les polémiques !

MC