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Voilà le genre d’article qui dit sans dire, qui affirme tout en « dézinguant », mais qui au virage prend son parti, tout en laissant dans la dernière phrase une porte ouverte au cas où… N’est pas ça, « la langue de bois » caractérisée ? MC

L’annonce a fait la une des magazines : les cathos sont parmi nous.

Il ne nous avait pas semblé que les églises étaient pleines ces temps-ci, ni que les processions fleurissaient dans les rues… Ce serait trop simple. Pourtant, les politologues vont jusqu’à voir la main des catholiques dans la victoire de François Fillon à la primaire de la droite.

Qui sont-ils donc, ces croyants soudain montrés du doigt ?

Des Français des villes et des champs, vivant au rythme du calendrier grégorien, habitant Saint-Savinien ou Pont-l’Abbé. Ils sont, comme le dit Pierre Manent, « de marque chrétienne ». Et ils s’avouent exaspérés des fausses indignations à la vue d’une élue arborant à la télévision un bijou en forme de croix. Las des débats sibyllins pour savoir si une crèche dans une mairie ressortit au « cultuel » ou au « culturel ». (…)

Font-ils leurs Pâques, vont-ils seulement à confesse, ces êtres qui occupent les pensées profondes des experts ?

C’est leur affaire. Mais ces enfants du bon Dieu aimeraient bien que ces temps-ci Peppone cesse de les prendre pour des canards sauvages en cherchant querelle à don Camillo, sur ses santons, mais aussi sur sa soutane et ses sermons. Ils savent (…) que la crise économique et sociale cause des ravages, bref que la France encourt de plus grands périls que celui de contempler en paix un nouveau-né dans une mangeoire.


Etienne de Montety – (Editorial) Le Figaro, Titre original « Les enfants du bon Dieu » – Source (Extrait)