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On nous dit que les machines nous volent notre travail.

Mais, au contraire, elles travaillent à notre place. De ce point de vue, les études sur les destructions d’emplois ont tout faux. Il va rester de l’activité. Il y en aura même davantage. Mais il n’y aura plus cette activité exclusive effectuée par un seul individu.

  • Pouvons-nous devenir les esclaves des machines, comme l’imaginent les pires scénarios de science-fiction ?

Ce qu’il faut craindre, ce ne sont pas les robots, ce sont les humains qui les contrôlent. Lorsque l’humanité est passée du paléolithique [l’ère des chasseurs-cueilleurs] au néolithique [où l’homme a développé l’élevage et la culture], nous étions objectivement face à une situation plus favorable. Mais cela s’est traduit par l’invention de l’esclavage, l’apparition de guerres d’une violence inouïe et d’une concentration sans précédent du pouvoir.

Nous avons mis des siècles avant de nous adapter à cette situation pourtant plus favorable. Toute nouvelle puissance suppose un nouveau pouvoir de contrôle. Aujourd’hui, nous sommes en train de vivre un changement gigantesque, mais nos structures juridiques économiques et sociales ne suivent pas.

Paradoxalement, cette prospérité nous met en situation de catastrophe.


Extrait de l’interview de Raphaël Liogier par Erwan Manac’h – Lu dans Politis Source