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Un article à vomir. Un article uniquement destiné à opposer retraiter et actifs. L’article ci-dessous n’est que contre-vérités. Cet article est avant tout « moi seul compte les autres, je m’en fout ». Une honte, une colère froide et sincère. MC

Les retraités se sont massivement déplacés pour choisir entre François Fillon et Alain Juppé dans la primaire de la droite (43 % des votants étaient des retraités). Ils avaient déjà largement contribué à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007. Il était acquis depuis longtemps que cette partie de la population exerçait plus volontiers son devoir civique. Cela s’est accentué ces dernières années. 67 % des retraités ont participé aux élections régionales, contre un taux de participation moyen de 50 %, 76 % aux municipales contre 61 % de participation. Dès lors, les retraités représentent, en moyenne, 50 % des votants alors qu’ils ne constituent qu’un tiers du corps électoral.

Chasse aux voix

Les partis politiques ont bien sûr appréhendé et intégré cette évolution. Les projets de François Fillon ou Alain Juppé sont nostalgiques des années 80 – et des réformes que la droite n’a pas faites à cette époque – et profondément conservateurs. Le message pour les retraités est simple : « Notre modèle est le bon, mais il coûte trop cher. Nous allons donc en réduire le coût en faisant porter ces efforts sur les actifs – réduction du nombre de fonctionnaires, réduction des cotisations sociales, grignotage comptable sur la sécurité sociale… »

Le Parti socialiste et le Front national sont malheureusement engagés à l’identique dans cette chasse aux voix du monde d’avant, et il est probable que 2017 ne voie aucune proposition de transformation économique et sociale plus soucieuse des générations au cœur de la population active.

Des retraités plus écoutés par les politiques

Le patrimoine des retraités dépasse souvent celui des actifs, même si leur niveau de vie est sensiblement inférieur. Cette situation s’est amplifiée depuis les années 1990, démontrant que le personnel politique au pouvoir depuis a privilégié cette partie de la population (!!!), sachant qu’il peut compter sur sa mobilisation électorale. Elle est pourtant mal connue de nos concitoyens, qui continuent de penser que les personnes âgées sont plutôt pauvres et isolées. Or, bien qu’elle bouleverse le pacte intergénérationnel sur lequel était fondé le modèle économique et social français, aucun projet politique significatif n’évoque le sujet.

Rééquilibrer le pacte social au bénéfice des actifs

Quelques thèmes sont symboliques de la volonté de mettre – ou non – les actifs au coeur du débat public. La réorganisation du système de retraite, par exemple. Dans les années 1960, la France comptait quatre actifs pour un retraité. Aujourd’hui, il n’y a plus que 1,5 cotisant par personne à la retraite. Reporter l’âge légal de départ à la retraite ne suffira pas. Demander aux retraités les plus aisés de remettre au pot serait certainement difficile, mais l’idée est-elle à exclure ?

Parmi les autres options à explorer, l’unicité du système est incontournable. L’adaptation aux évolutions du monde du travail contemporain suppose un seul système, nonobstant le métier pratiqué, car nous en avons déjà changé et nous en changerons plusieurs fois. Ce qui signifie la fin de la césure public/privé et celle des régimes spéciaux.

Besoin profond de renouvellement

La transformation de l’école de la République est bridée par la nostalgie des générations d’après-guerre. (…) Il faut tout changer pour un système d’instruction publique où chacun pourra donner le meilleur de lui-même.

La progression professionnelle sur d’autres critères que l’ancienneté, la création d’une seconde chance de formation est un impératif. Il concerne ceux sortis sans rien de la formation initiale et tous ceux que la mondialisation pousse à se reformer.

En l’état, l’organisation de la formation professionnelle est une poire pour des soifs syndicales, elle est peu utile à la population active. La société se tourne vers le passé quand l’avenir est auréolé de craintes. Nous avons besoin d’un projet de transformation économique et sociale, porté par la remise en question du vieux cadre des trente glorieuses et par de la bienveillance. Seule cette perspective donnerait des raisons objectives aux moins de 40 ans de prendre leur place dans le débat politique.


Eric Lafond  – Voir son CV en PDF- recommandé ! qui-es-ti-eric-lafond

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Les Echos (Extrait)