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L’hypothèse d’une candidature hollandaise ayant fait “pschitt”, la convention nationale de la Belle Alliance populaire du 03 déc. 2016, n’a guère ressemblé à ce qu’elle aurait dû être.

Elle se voulait le coup d’envoi enthousiaste de la primaire à gauche : elle s’est inévitablement transformée en une séance poussive de psychothérapie de groupe. Scénario cauchemardesque pour Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste, qui souhaitait faire de ce grand raout la rampe de lancement de l’entrée en campagne du Président.

La date avait été choisie sur mesure : une semaine après la désignation du vainqueur de la primaire de droite, François Fillon, afin de pouvoir bien lui taper dessus. Au final, les responsables socialistes qui se sont succédé à la tribune lui ont quand même tapé dessus, mais beaucoup moins gaiement que prévu.

Car le roi Hollande est mort. Alors il faut bien verser des larmes, fussent-elles de crocodile. (…) Du côté des candidats à la primaire, seuls les écologistes François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias sont de la partie. Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont eux choisi de sécher ostensiblement le rendez-vous – sans doute avaient-ils piscine tous les trois. (…)

Les ministres ont beau tenir des discours enflammés [en se succédant à la tribune] pour redonner de la vigueur aux militants, l’atmosphère reste lourde dans la salle. “Comment va-t-on faire campagne ?, s’interroge Bernard, militant à Créteil depuis 1981. En disant que le bilan de Hollande est tellement formidable qu’il ne se représente pas ? Notre position est intenable.”

L’émiettement des candidatures à gauche est l’élément qui agace le plus les sympathisants présents. “Le fait que Mélenchon et Macron refusent de participer à la primaire nous condamne par avance, croit savoir Catherine, une sympathisante socialiste venue du Finistère. Fillon est un candidat caricatural par son ultralibéralisme et son ultraconservatisme. Il nous offrait un boulevard, mais nous allons être assez cons pour nous tirer une balle dans le pied…” 

Ce risque de division, Jean-Christophe Cambadélis l’a bien anticipé dans son discours de clôture, en appelant le leader du Parti de gauche et celui d’En marche ! à inscrire leur candidature dans le cadre de la primaire à gauche. “Faites en sorte que l’unité se réalise !”, les a-t-il suppliés.

(…) La Belle Alliance populaire n’avait de belle, d’alliance et de populaire que le nom.


Clara Bamberger- Les Inrocks – Source (Extrait)