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En trois ans de présence à Matignon, Manuel Valls n’a jamais perdu une occasion d’insulter l’avenir.

Les amis de Manuel Valls font sans doute le pari de l’oubli. Pas facile, parce que ses rivaux de la primaire, Hamon et Montebourg en tête, ne manqueront pas de le renvoyer à ses contradictions. Et ils ne seront pas les seuls.

Plus délicat encore : le désormais ex-Premier ministre aura à assumer deux bilans, aussi peu défendables l’un que l’autre, d’un point de vue de gauche. Celui qu’il partage avec François Hollande : la politique d’austérité, la loi travail, la déchéance de nationalité, le chômage… Et le sien propre, fait de tensions sur les questions de société, et de démocratie brutalisée.

Le pari de Manuel Valls est donc particulièrement hasardeux, d’autant plus que l’emploi du « réformateur moderniste » ubérisant la société lui a été chipé par Emmanuel Macron.

Mais restons prudents. Dans un pays en plein doute, tout est possible.

La primaire est avant tout une émission de télévision. Une aventure médiatique. Manuel Valls aura dans cette affaire au moins un allié : François Fillon. Il aura toujours beau jeu de dire qu’il y a pire que lui dans notre paysage politique… Le risque existe pour ses concurrents de devoir en bout de course lui emboîter le pas. Quelle situation ridicule ce serait !

Hollande et Valls dans le même bateau !

(…) En renonçant à être candidat, François Hollande a implicitement avoué son échec. Mais à aucun moment il n’a semblé en comprendre les causes. Tout était « positif » dans le bilan qu’il a égrené, hormis la déchéance de nationalité. On avait le sentiment en regardant cet homme défait qu’il était victime d’une injustice et d’une malédiction. Son discrédit, ces 7 % d’opinions favorables s’abattaient sur lui comme une fatalité. Il avait tout fait bien, et pourtant, il ne pouvait pas se représenter.

  • François Hollande s’en va dans l’incompréhension, et Manuel Valls poursuit dans le déni. Si le « peuple de gauche » les a lâchés, c’est la faute du peuple de gauche.
  • Terrible cécité !
  • Mais pas question d’analyse sérieuse d’une faillite politique.
  • S’y laissera prendre qui voudra bien.

Article bâti à partir de l’Edito de Denis Sieffert – Politis – Source (extrait)