Le malaise de la gauche, partout en Occident !

En France comme dans le reste de l’Europe et aux États-Unis, la gauche se trouve dans une impasse : elle est fracturée et paraît bien incapable de réagir à la radicalisation de la droite, écrit ce chroniqueur américain du Washington Post.

Le président François Hollande a senti le vent tourner. Prenant la mesure de son impopularité record, il annonçait la semaine dernière qu’il ne briguerait pas de second mandat. Cela en dit long sur les faiblesses de la gauche et du centre gauche dans tous les pays démocratiques. (…)

La fragmentation de la gauche ne s’arrête pas là.

En dehors du PS, Jean-Luc Mélenchon se présente comme le champion de l’extrême gauche. Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie et issu de l’aile gauche du PS, se pose quant à lui en chantre du protectionnisme afin de combattre “les excès de la mondialisation”.

Le retrait de Hollande a redonné de timides espoirs aux socialistes, et la défaite à la présidentielle autrichienne dimanche de Norbert Hofer, candidat de l’extrême droite face à Alexander Van der Bellen, ancien dirigeant du parti écologiste, a mis du baume au cœur à la gauche européenne et au centre. “Le peuple autrichien a fait le choix de l’Europe et de l’ouverture”, s’est d’ailleurs réjoui le président Hollande.

La primaire socialiste en janvier opposera sans doute Valls, Montebourg et d’autres candidats. Mais son vainqueur pourrait bien s’octroyer une partie des électeurs de Macron au centre et de Mélenchon à gauche.

Chaque pays a ses particularismes. Les problèmes de Hollande étaient à la fois personnels et idéologiques, et même sa propre base politique en était venue à le voir comme un homme catastrophique et indécis.

Mais la désaffection de l’opinion publique à l’égard de la gauche modérée et le durcissement de la droite reflètent indéniablement la montée des politiques fondée sur la peur dans bien des démocraties, y compris aux États-Unis.

Ces politiques exploitent les peurs engendrées par l’impact de la mondialisation sur les conditions de vie de la classe ouvrière, (…). Et cette gauche modérée, qui avait fait de l’espoir en des lendemains meilleurs son cheval de bataille, devra soit apprendre à apprivoiser ces peurs, soit les combattre avec énergie.

La gauche reste divisée parce qu’elle est incapable de décider quelle stratégie lui vaudra la victoire – et laquelle est la plus en phase avec ses valeurs.

E.J. Dionne Jr. Lire l’article original Source original The Washington Post Source Française (Extrait) « Courrier international »