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Il fut un temps où le parti socialiste était une organisation permettant de gagner des élections ; après le fourvoiement du quinquennat de François Hollande ou il s’est ingénié à louvoyer dans une libérale société suivant en cela les prescriptions du Medef et de Pierre Gattaz, détruisant les accords entre les différentes tendances internes présentent rue Solférino ; disloquant l’unité de sa majorité élus à l’assemblée nationale; perdant de nombreux sénateurs faisant ainsi perdre la majorité à l’assemblée sénatoriale ; divisant la population sur l’identité nationale, la loi El Khomri ; etc.

Au résultat une impopularité populaire sans égal, qui n’est que le résultat de ces actions, décisions et gestions de la société pendant cinq ans et d’un gouvernement et de la majorité du groupe PS a l’assemblée nationale (pratiquement) à sa solde; l’a rendu dans l’impossibilité de concourir pour un nouveau mandat avec une chance de réélection.

En s’adressant à la nation pour confirmer qu’il ne se présenterait pas pour un second mandat, il cautionne son impopularité. Ce geste qualifié de courageux un temps, (ma première réaction, révisé depuis) doit être largement analysé au regard de ce qui se passe dans l’enclos de la « boutique solférinienne » et des décisions de l’aréopage -les affidés de Hollande aux manettes, Cambadélis en premier- décisionnaires actuels au parti socialiste.

Alors que les forces de droite et d’extrême droite ont chacun de leur côté obtenu une cohésion et des regroupements au sein de leur parti réciproque, créant ainsi des forces électorales pouvant prétendre voire l’un des leurs accéder à la présidence et obtenir une large majorité d’élus aux élections législatives qui suivront ainsi qu’aux sanatoriales de fin d’année 2007.

Bien évidemment si le basculement se fait pour le prochain quinquennat autour des programmes connus de la droite ou de l’extrême droite, le socle social volera en éclats et rien ne dit, et ce sans noircir le tableau, qu’un retour sociétal de plus d’un siècle pour la classe salariale, les retraités actuels et à venir, se soigner et les personnes déjà en précarité, ne découvre pour certains la misère absolue.

Alors, quel jeu joue le parti socialiste en édictant des conditions extrêmement sélectives de participation à sa primaire.

Les règles et modalités d’organisation décidées par le conseil national de son parti, le 2 octobre. Lesquelles, selon lui, excluent de s’adresser aux 17.000 citoyens qui ont voté à la primaire des écologistes d’EELV, ainsi que les électeurs pro-Mélenchon ou les [50.000 adhérents] communistes :

Nous appelons l’ensemble des citoyens de gauche et des écologistes qui ne participent pas à la primaire des écologistes ou à l’orientation de Jean-Luc Mélenchon, voire du Parti communiste, de participer à cette primaire même si, si ces derniers revenaient sur leur position, évidemment nous revisiterions la manière dont nous allons organiser la primaire.

Tous ceux-là – ça fait quand même du monde – ne sont donc pas les bienvenus.

Cela n’empêche pas les organisateurs de présenter leur scrutin, à l’instar de la plupart des commentateurs, comme « la primaire de la gauche ».

Ce qui est factuellement mensonger du seul fait que plusieurs candidats et partis de gauche ont choisi de ne pas y participer : Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, le Parti communiste, Ensemble !, mais aussi Bastien Faudot, candidat investi par le MRC, Sylvia Pinel, candidate du Parti des radicaux de gauche, ou Yannick Jadot, candidat désigné à l’issue de la primaire des écologistes et naguère promoteur d’une primaire de toute la gauche.

Quant à ceux qui voudraient y participer sans être membre de Belle alliance populaire, comme Pierre Larrouturou, investi en novembre par les adhérents de Nouvelle Donne à une courte majorité (367 voix pour sa participation à la primaire, 350 contre, 20 abstentions), ils doivent montrer patte rose. À peine ce dernier avait-il annoncé sa candidature par un entretien au Parisien que les dirigeants de Solferino faisaient savoir qu’il lui faudrait obtenir l’habilitation du Comité national d’organisation de la primaire. « On ne s’invite pas comme ça dans la primaire, a expliqué Jean-Christophe Cambadélis. Il faut qu’on en discute. » Et aux dernières nouvelles, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ne verraient pas d’un bon œil l’arrivée de cette candidature concurrente.

Que dire alors de la candidature quasi certaine de Manuel Valls dans cette sélection, qui de son côté appelle Emmanuel Macron à se présenter aussi à la primaire PS, qui ne sont, l’un comme l’autre, socialiste que par ce qu’ils ont à un moment payé une cotisation à ce parti, dans un faux-semblant d’annonces d’union à gauche à destination des médias et des gogos.

Dans ces conditions ne doit-on pas voir le parti socialiste navigant dans un jeu mortifère pour ces élections car sachant pertinemment ne pas pouvoir retrouver leurs nombreux siège électoraux, s’ingénie à détruire toute union y comprise au sein du parti.

Ainsi devant la multitude de candidatures se présentant à gauche, sauf avoir un retournement de situation inconnue, imprévisible, il paraît illusoire aujourd’hui -mais que sera demain l’analyse – d’espérer voir au soir du premier tour une candidature de gauche face à un candidat des droites.

Le parti socialiste voudrait faire le lit de l’extrême droite qui ne s’y prendrait pas autrement et peut-être est-ce là aussi, une stratégie machiavélique pour mettre le proverbe en marche : « après la pluie, le beau temps » autrement dit après un quinquennat de droite ou d’extrême droite, l’opposition vaincra !


MC et pour parti extrait (centrale) d’un article de Politis – Source